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Grosse étape pour moi que ce billet.

J’y réfléchis depuis des semaines. J’y vais, j’y vais pas….bon, j’y vais. Et puis en fait non. Et puis zut, c’est important. Mais non, ça me fait trop peur.

Tais-toi. Et vas-y.

Ok.

J’ai le syndrôme de l’imposteur.

Mais qu’est-ce que c’est, me direz-vous ? Cela fait plusieurs années que je connais cette appellation et que j’ai bien identifié sa présence dans mon existence. Mais je sais aussi que pour beaucoup, il n’y a pas encore de mots pour décrire cette sensation étrange, qui amène parfois à la panique et qui peut donner cette impression terrible d’être cloué-e au sol.

Le syndrôme de l’imposteur, c’est cette petite voix qui vous empêche d’agir, de prendre des décisions, de faire des choix, de vous affirmer, d’oser vos rêves, et qui vous fait penser que vous n’avez pas de légitimité dans ce que vous faites. Elle vous fait croire que vos ambitions sont hors de votre portée, et elle peut même vous faire dire « mais qui suis-je pour oser faire ça ? Pour dire ça ? Pour avoir ce projet là ? »

Alors quand on me voit, ici à travers mes écrits ou dans ma vie actuelle, avec tellement de projets, tellement d’énergie pour créer, transmettre, partager mille choses, on pourrait se dire « mais de quoi elle nous parle ? Elle réussit ! »

Mais vous n’avez pas idée du prix.

Du prix à payer au quotidien pour atteindre mes objectifs, de la violence intérieure parfois qui m’habite quand j’entreprends quelque chose, avec cet imposteur qui me suit comme mon ombre et qui m’engage dans une lutte sans merci contre moi-même. Contre mes croyances, contre la perception que j’ai de moi ou de mes compétences.

J’écris ce billet aujourd’hui parce que je suis dans une phase absolument décisive de ma vie, personnelle et professionnelle. Depuis plusieurs mois, tout s’accélère et c’était l’occasion que mon imposteur attendait pour resurgir à pleine puissance. Il n’a d’ailleurs, je crois, jamais été aussi fort qu’aujourd’hui, même si les enseignements que je tire de ces deux années de travail en développement personnel me permettent de le repousser de temps en temps. Seulement, il n’est pas du genre à lâcher l’affaire et à chaque fois que j’ai la sensation de le mettre KO, il trouve le moyen de reprendre sa place, comme si de rien n’était. Que je condamne la porte, il passera par la fenêtre.

Ces temps-ci, contre lui je suis en guerre.

Mon syndrôme de l’imposteur, il adore vos témoignages.

Vous êtes nombreu-ses-x à m’écrire, souvent, pour me dire merci de ce que vous trouvez ici, ou de ce que vous avez trouvé dans mon blog précédent. A la lecture, vos mots me remplissent de joie. Et puis finalement je ne réalise jamais. J’entends ce que vous me dites, et puis je ne parviens pas à l’assimiler. Pour moi, vos messages sont toujours une surprise, un étonnement dérouté, où je finis toujours par me dire qu’il y a bien un moment où vous vous rendrez compte qu’en fait tout ça n’est pas si important ou même pire, que je vous ai trahis.

Je ne parviens pas à imprimer que ce que je viens partager ici puisse avoir un impact quelconque sur les autres. Je le fais parce que c’est un besoin irrépressible, j’ai quelque chose en moi et entre les mains, que je ne peux pas garder dedans sous peine de mourir étouffée par les émotions, les idées et les élans. J’ai l’impression d’être une machine à créer du questionnement, une usine à énergie permanente, tout en me disant que forcément, je dois passer pour quelqu’ un d’une prétention sans bornes.

Parce qu’après tout, qui suis-je pour oser faire ça ? Qui suis-je pour penser que peut être, mon regard sur la vie et sur le monde a le pouvoir de changer la vie des gens ? Qui suis-je pour penser que mon expérience, mon chemin de vie, peut servir à d’autres ?

Mon imposteur, il adore quand je me lance des défis.

Ca lui donne encore une fois l’occasion de me dire que vraiment, je suis sacrément gonflée. Recule Julie, tu n’y arriveras pas, regarde, c’est tellement trop grand pour toi, et tu viens tellement de nulle part…Quand j’ai reçu la demande de mon éditrice pour mon livre sur le Bullet Journal, j’ai d’abord été traversée par un sentiment incroyable. Quelle reconnaissance ! Et puis très vite, une fois le contrat signé, cette sensation d’être partout sauf à ma place, de ne jamais réussir à aller au bout, d’être incapable de produire quelque chose de bonne qualité.

Depuis ce livre s’est très bien vendu, vous m’en avez fait des éloges, j’en suis fière parce qu’il est le symbole du violent combat au corps à corps que j’ai du mener et que gagné cette fois. Mais là encore je n’intègre pas. Depuis, j’ai signé deux nouveaux contrats et encore une fois, cette même sensation d’être enfermée dans des projets pour lesquels je n’ai pas les épaules, d’avoir dit oui trop vite, et que c’est cette fois là qu’on va comprendre que tout ce que je fais n’est que de la poudre aux yeux.

Le 6 avril prochain, je serai sur scène pour parler d’un sujet qui me passionne : intelligence émotionnelle et parentalité. Devant une grosse assemblée, faites de professionnels de l’enfance mais aussi de particuliers intéressés. Ma toute première conférence, dans le genre gros défi j’ai rarement fait plus énorme, et plus provocateur pour mon imposteur.

Depuis il jubile, croyez-moi bien.

Et puis en ce début d’année, j’ai décidé de créer des formations en ligne.

Pour aller plus loin que ce qu’on partage ici déjà, et puis pour pouvoir affranchir complètement le blog de la monétisation externe. Si je dois gagner ma vie avec cette activité, ce sera avec des choses que je crée moi-même dans votre intérêt et dans la continuité directe de tout ce que je mets déjà à disposition gratuitement. Autrement dit, je compte sur ces formations pour pouvoir suspendre totalement les activités publicitaires de toute nature (à l’exception de l’affiliation qui me semble être un système gagnant / gagnant pour tout le monde et qui ne met pas en péril l’esprit général de ce que je crée ici).

Vous devez vous dire « oui bon, ça fait huit fois qu’elle en parle de ses formations, on a toujours rien vu arriver ». Et vous avez bien raison. Cette première formation, sur la pensée positive, dont j’ai démarré la création début janvier, devrait être disponible depuis facilement un mois et demi, je devrais déjà être en train de travailler sur la seconde d’ailleurs. Mais voilà, j’avance à deux à l’heure parce que mon imposteur me colle une trouille abyssale. C’est le projet qui me tient le plus à coeur, alors forcément c’est celui qu’il attaque fort. De façon générale, le syndrôme de l’imposteur provoque chez moi une faculté à repousser les choses en lien avec cette peur, pour finir par me retrouver au pied du mur à devoir travailler dans l’urgence absolue. C’est comme ça depuis des années.

Et moi je suis en guerre désormais. Pour grapiller des petites victoires, pour oser attaquer tel ou tel module, pour oser enregistrer mes podcasts…alors au final, petit à petit les choses avancent, mais ça ne s’arrange pas au contraire. Plus j’approche de la fin de ce projet, et plus j’ai peur. Parce que terminer ce travail, ça veut dire oser ensuite le rendre disponible. Le rendre disponible, c’est prétendre que j’ai un rôle à jouer pour ceux qui choisiront d’expérimenter ce que j’ai à proposer. Mon imposteur ne cesse alors de me dire qu’ils ne pourront que trouver ça au mieux très moyen, au pire sans intérêt. Il s’amuse à alimenter ma peur de toutes les petites choses qui peuvent la nourrir.

On pourrait penser qu’il n’y a que la peur de l’échec qui stimule mon imposteur.

Mais non, ce serait si simple. La réussite n’est pas en reste. Et si elle marche cette formation, hein ? Regarde Julie, tu vas t’exposer, et les autres vont placer sur toi des attentes pour la suite. Et comme d’habitude tu n’auras pas les épaules alors recule, il est encore temps.

Dans les affres les plus sombres de ces instants où mon imposteur prend le pouvoir, j’ai peur. Peur d’échouer tout autant que de réussir. Peur de m’accomplir, moi qui vient de nulle part et qui ne sait apprendre que seule. Une peur panique, qui m’oppresse et me donne envie de fuir. De tout fermer, de me caler pépère dans une vie rangée où je n’aurai pas l’angoisse de faire des vagues. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me contenter d’un boulot sans histoires aux horaires de bureau, qui me laisserait du temps libre pour vivre les choses qui me transportent sans y mettre aucun enjeux autres que les bonheurs simples ?

Je sais pourquoi.

Parce que plus je me découvre, et plus j’admets que mon bonheur ne peut exister sans le sentiment d’offrir aux autres de l’amour, de l’envie, et de la joie. Ceux qui me connaissent dans la vie quotidienne ont maintes fois entendu ces trois mots, c’est parce qu’ils définissent et sous-tendent tout ce que je choisis de faire aujourd’hui.

Mon imposteur est un immense paradoxe aux dimensions abyssales. Plus j’ai la sensation de toucher ma mission de vie, plus mon intuition se développe et me fait pousser les bonnes portes vers ce que j’entrevois comme étant la voie tracée pour moi, et plus il se manifeste avec violence. A moins que ces visites bien trop régulières ces derniers temps ne soient que les sursauts douloureux de la fin qu’il voit approcher.

Peut-être que c’est ça, en fait. Peut-être que ces temps-ci il me violente un maximum parce que j’en guéris, et que nous sommes en train de nous séparer. Depuis quelques semaines, mes expériences me font entrevoir la réalité de mon potentiel, et je sens que j’ai envie de l’accepter. Alors peut-être que mon imposteur se sent en danger et qu’il tente le tout pour le tout pour garder l’avantage, avec toute la hargne dont il est capable. Sauf qu’il va bien falloir qu’il comprenne qui est le patron.

Alors vas-y, frappe, frappe, t’as raison. Je lutte comme jamais en ce moment. Je suis tellement bien entourée pour ça.

Et je gagnerai encore cette fois.

Mon syndrôme de l'imposteur

Image de couverture : pixabay