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Il y a quelques semaines, un proche m’a demandé pourquoi je regardais autant de comédies romantiques.

Il m’a dit également qu’il trouvait ça tellement éloigné de la réalité, chose sur laquelle je pourrais difficilement le contredire 🙂

Je ne m’étais jamais vraiment posé la question en vérité, je savais que j’aimais – ou plutôt que j’adorais – ça, mais le pourquoi fondamental ne m’était jamais apparu comme une donnée importante à comprendre. J’aimais ça comme d’autres aiment la science-fiction ou les polars (je fais aussi partie de ces catégories 😛 ), inutile de chercher plus loin.

Dans mon précédent billet sur le sentiment amoureux chez les enfants, j’avais dit que je n’accordais pas grande importance à la Saint-Valentin mais il faut croire qu’elle m’inspire en cette année 2021, car j’ai tout le temps envie de vous parler d’amour ces derniers temps. Après tout, cette journée des Amoureux n’est-elle pas une bonne occasion de célébrer ce sentiment après lequel tout le monde court ?

Samedi soir 13 février, j’ai tricoté en regardant d’une traite les trois volets du film « A tous les garçons que j’ai aimés » sur Netflix. Inutile de dire que j’ai adoré…Et ce que je vais vous raconter ici s’est imposé à moi au fur et à mesure que l’histoire de Lara Jean se déroulait sur mon écran. J’avais envie de partager ça avec vous.

Je suis tombée amoureuse un grand nombre de fois dans ma vie. J’ai une facilité déconcertante à faire ça, depuis toute petite. Tellement déconcertante que je me demande, encore aujourd’hui, si c’est bien cela qu’on appelle « tomber amoureux ». Depuis ma première relation amoureuse à 8 ans – entendez par là : la première où j’avais conscience que le sentiment était partagé – je me souviens de toutes les relations qui ont jalonné ma vie. Et il y en a eu un certain nombre, de durées et d’intensités différentes mais pour chacune, je me souviens.

J’ai d’ailleurs, dans la très grande majorité des cas, conservé des liens assez forts avec les hommes qui ont partagé ma vie intensément, même si sur le moment les ruptures n’ont pas toujours été simples. Bien sûr les fondements de mon amour ont changé, mais je garde une part d’amour pour chacun d’entre eux. Je ne sais pas si c’est « normal » et encore moins courant, mais c’est ma réalité quoi qu’il en soit.

A l’adolescence, à l’heure des premières soirées, des premières virées entre amis, et des rencontres éphémères sur les lieux de vacances, voir arriver l’heure de rentrer à la maison était une torture. Tellement que je ne la respectais que rarement, ce qui bien sûr n’était pas sans causer des soucis avec mes parents….mais à cet âge là, je vivais tellement.

Mon paysage émotionnel, teinté d’hypersensibilité même si je ne le savais pas encore, était plein de vibrations, d’élans, de papillons dans le ventre et de vagues de sentiments. Rentrer chez moi, c’était mettre fin à tout cela jusqu’à la prochaine fois et moi, j’étais tellement bien dans ce bain de sensations. J’étais incapable de le différer, de l’attendre encore. D’y mettre fin même pour la nuit, simplement.

Encore aujourd’hui, à 37 ans, je sais que ce que je préfère dans une relation d’amour, ce sont ses débuts. Quoi de plus vivant que les premiers temps d’une relation naissante ? Bien sûr, l’âge et l’expérience sont venus calmer la valse des nouveaux petits-amis. J’ai appris les relations qui durent, et la dimension de l’amour après les premiers temps aussi.

Mais au fond, tout au fond de moi, cette jeune adolescente qui aimait tellement ressentir et vibrer l’amour vit toujours. Et c’est sa mémoire que je convoque lorsque je regarde des comédies romantiques. Mes préférées d’ailleurs, sont souvent celles qui mettent en scène des adolescents. Avec eux, je fais revivre le temps d’un scénario cette époque lointaine de mes émotions débordantes.

J’ai une grande nostalgie de cette époque, je l’avoue. Tellement d’insouciance, tellement peu de responsabilités, tellement de choses à découvrir encore. L’impression d’avoir la vie devant soi. Ne vous méprenez pas sur ce que je dis, j’aime profondément ma vie aujourd’hui. J’aime être adulte et ce que ça signifie.

Mais je sais aussi que je veille à entretenir et à nourrir profondément mon âme d’enfant puis de jeune fille. J’ai besoin du rêve, depuis toujours. Je rêve toujours aujourd’hui mais ces rêves ont changé, et les comédies romantiques continuent de nourrir tous mes rêves d’antan. J’ai tellement rêvé, adolescente, et même si la vie s’est chargé de m’apprendre que la plupart était utopiques, je n’ai pas envie de les trahir en les mettant au rebut d’une époque révolue.

Et puis, a-t-on jamais demandé à un rêve d’être crédible ? Attend-t-on forcément d’un conte qu’il soit profond ? Certains le sont, d’autres pas, et ça n’empêche personne de les raconter aux enfants à qui l’on autorise l’imaginaire et le rêve puissance 1000. Je revendique ce droit moi aussi, aujourd’hui et pour toujours.

Les comédies romantiques sont mes histoires du soir, elles me ramènent si loin dans mon passé. Elles convoquent tant de visages, de mémoires corporelles et de souvenirs éternels. Elles m’aident à ne pas oublier tous ces garçons que j’ai aimés et à qui j’ai moi aussi, comme Lara Jean, écrit des lettres que je n’ai jamais envoyées.

Et puis dans ce monde qui va trop vite et où tout se délite, les comédies romantiques m’aident à maintenir vivant l’espoir. L’espoir de l’amour comme valeur fondamentale, l’espoir des liens qui libèrent. Comme c’est bisounours, devez-vous penser !

Absolument. Et j’assume sans problèmes. Ce monde est trop violent pour moi, c’est un constat et je n’y peux pas grand-chose. Quand je regarde une comédie romantique, ou quand je lis un roman d’amour, ce monde là s’éteint pour un petit moment, et un autre prend sa place. Et ça me fait du bien, j’y puise la force d’encaisser l’ici et maintenant.

Il y a deux ans, alors que je construisais mon projet professionnel et que je me demandais si il y avait vraiment une place pour ce que j’avais à offrir vu le nombre de personnes qui faisaient déjà des choses similaires, un de mes mentors m’a dit « Il existe des millions de chansons d’amour, pourtant on continue d’en écrire. C’est bien qu’il y a des millions de façons de parler de la même chose, alors fais-le à ta manière ».

Les comédies romantiques sont une de ces millions de versions de l’amour, parfois raillées (et je reconnais que de temps en temps c’est justifié ^^), mais toujours bienveillantes. Elles m’amènent joie, émotions, douceur et paix. Elles contribuent à nourrir mes besoins de rêve, de légèreté, d’interdépendance et de mémoire.

Voilà pourquoi je les aime tant. Et à tous les garçons que j’ai aimés…

PS : je vous aime toujours.

Et à vous tou-te-s qui avez lu ce billet, je vous laisse avec cette bien jolie chanson d’Ed Sheeran, l’un de ceux qui me parle le mieux d’amour en ce moment 🙂

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Visuel billet "Ode aux comédies romantiques"