Hello les ami-e-s !

Cette année dans mon Bullet Journal, je me suis fixé des objectifs et notamment : produire le moins de déchets possible. Chaque année je vais un peu plus loin dans cette démarche, et ce billet vise à la fois à vous donner des idées, à contribuer à vous motiver pour passer un palier supplémentaire, mais aussi (surtout pour moi dans ce cas) à savoir d’où je pars pour mesurer ma progression 2019 dans mon objectif Zéro Déchets.

Vous y trouverez également des ressources web et bibliographiques pour avancer dans votre propre démarche.

Je pense qu’on est tou-te-s d’accord pour dire qu’il faut faire autrement maintenant….
Source : Europe1.fr / AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF / AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF

Je ne vais pas revenir en détails sur le pourquoi de la nécessité d’engager une démarche de réduction des déchets. Je pense que nous avons toutes et tous intégré désormais cette information et que chacun-e aujourd’hui agit selon ses moyens pour contribuer, à son niveau, à la diminution de son impact global sur la planète.

J’ai initié mon changement de vie il y a maintenant 6 ans, lorsque j’ai pris la toute première décision vers un autre mode de vie : la suppression des produits laitiers de mon alimentation.

Initialement je ne pensais qu’au côté alimentaire de cette décision, prise pour soulager ma fille qui ne supportait pas les protéines de lait de vache passant dans mon propre lait. Je ne savais pas, alors, que cette décision allait en amener une foule d’autres, jusqu’à adopter un régime végétalien 95% du temps et fabriquer l’essentiel de mes cosmétiques. Aujourd’hui mes choix en matière de Zéro Déchets se portent à la fois sur les déchets visibles (que je fais sortir de ma maison) comme invisibles (les déchets induits par la fabrication des produits de consommation courante).

Mais changer, c’est long !

En lisant ce billet vous vous direz peut-être qu’il serait impossible pour vous de faire autant que ce que je fais. Ou bien vous vous direz qu’avec mon mode de vie (indépendante, travaillant chez moi donc en mesure de lancer une décoction de lavande pour fabriquer mon shampooing en même temps que j’envoie des fichiers sur un serveur web…), je pourrais en faire beaucoup plus. C’est ok pour moi 🙂 Changer, c’est long. Certains parviennent à se transformer du jour au lendemain, et c’est ok aussi. Chacun avance à son rythme…tant qu’il avance.

Tout ça pour dire que peu importe où vous en êtes, et peu importe où en sont les autres : ce qui compte, c’est de faire ce qui résonne juste pour vous. Si la justesse de votre vie, c’est de bazarder tous les emballages demain et de tout acheter en vrac d’un coup, c’est ok.

Mais si la justesse, c’est de tester d’abord les pâtes en vrac puis d’acheter des cosmétiques solides puis de ne plus utiliser de pailles et que tout ça prend 2 ans, et bien c’est ok aussi. Faites avec vos moyens, tant que vous faites même un petit peu. Le reste suivra et vous aurez fait de gros progrès sans même vous en rendre compte 🙂 

Pour ma part, même si je pense que le Zéro Déchets est déjà bien installé dans mon quotidien, je trouve que j’ai encore énormément à faire, et que je peux faire beaucoup plus. J’en ai le temps et la possibilité et je souhaite en 2019 passer plusieurs caps et accentuer plusieurs comportements, c’est ce que nous allons voir ensemble.

Faisons donc le tour de mon quotidien en commençant par ma cuisine !

1 – Je cuisine tout ce que nous mangeons et je n’achète que des matières premières non transformées sauf : pâte à tartiner (bio), purées d’oléagineux, laits végétaux (soja, noisette, riz, amande), crèmes de cuisine végétales (soja, avoine, coco),  chocolat pâtissier (bio), tomates pelées et coulis de tomates (hors saison), épinards surgelés, tartines craquantes type Pain des fleurs (un genre de Craquotte, en magasin bio), yaourts de soja natures.

Les seuls desserts achetés dans le commerce sont les yaourts de soja natures (selon possibilités et stocks du magasin : soja français non bio et sans OGM, ou soja français et bio). Tout le reste (compotes, crèmes desserts, glaces, entremets etc) est fait maison.

Nous n’achetons ni goûters ni céréales industriels et je n’achète plus aucun produit raffiné : les farines sont en T80 minimum (bises ou semi-complètes), les pâtes, riz et semoule sont au minimum demi-complets.

Le sucre complet est majoritaire au quotidien (le sucre blond est acheté en bio non raffiné), les autres sucrants sont bruts et issus de plantes comme l’agave, la coco ou l’érable. Je crois ne pas avoir acheté de sucre blanc « classique » depuis plus de 4 ans (et ça n’enlève rien aux délices de la pâtisserie, demandez à mes enfants et mes ami-e-s 😛 )

2 – Mes matières premières sèches sont achetées bio et en vrac à chaque fois que c’est possible, et stockées en bocaux de verre, en bouteilles nettoyées et réemployées à chaque nouvel approvisionnement ou en boîtes en fer (dans mon magasin bio le rayon vrac est très développé en céréales, légumineuses et fruits secs, et nous sommes dans un petit village de campagne ! Cerise sur le gâteau : la majeure partie des produits viennent de la région. J’y trouve aussi les huiles d’olive et de tournesol, le vinaigre de cidre, le bicarbonate de soude, le produit vaisselle, gels douches et shampooings, et maintenant le vinaigre blanc).

Ce que je ne trouve pas encore en vrac : les farines (emballages papier recyclable), les thés et tisanes (achetés par 500gr en emballages recyclables), le chocolat, les épices.

Les matières premières liquides sont achetées en bocaux de verre ou en briques carton, aucune bouteille plastique.

De fait, nous n’avons quasi plus de déchets plastiques hormis ceux issus de certains sous-emballages (dans les boîtes de Pain des fleurs par exemple, les tartines sont emballées en 2 paquets d’une dizaine de tartines, et ce plastique n’est pas recyclable). Le tofu également, emballé dans des plastiques non recyclables (j’en achète rarement pour cette raison), et les bouchons des briques de lait végétal.

Je regrette le temps des bonnes vieilles briques qu’il fallait couper aux ciseaux sur un côté…A force de vouloir simplifier les gestes, on a créé des objets dont on ne sait plus quoi faire aujourd’hui et qui menacent gravement la vie sur Terre tant leur quantité est devenue folle….

Ce ne sont pas mes étagères, mais ça pourrait ^^

3 – J’ai supprimé toute source d’huile de palme : si je dois acheter de la margarine (événement rare depuis que je la remplace par de l’huile de coco dans mes préparations), je vérifie qu’elle n’en contienne pas.

4 – Nous n’utilisons pas de sopalin, ni de consommables à usage unique papier ou plastique (serviettes en papier, pailles, etc). Les liquides se boivent directement la bouche sur le verre, et la dite bouche s’essuie avec du tissu ^^ Notons qu’à Noël, mon frère m’a offert un rouleau d’essuie-tout lavable ! Deux ans qu’il était sur ma liste de projets couture, yes !

5 – Je n’achète ni cellophane, ni aluminium, ni sacs congélation : je viens seulement à bout de deux rouleaux d’aluminium, d’un rouleau de cellophane et de deux paquets de sacs congélation que j’avais récupérés chez ma grand-mère lors de son décès en 2015. Cela fait donc 3 ans que j’utilise ces choses au compte goutte….et qu’ils ne sont toujours pas terminés ^^

De façon générale, j’utilise des bols couverts de petites assiettes pour mettre les restes au frigo et des contenants verre (ou plastiques de mon ancienne vie ^^) pour transporter de la nourriture ou la congeler. J’aimerais tester cette année les tissus enduits de cire d’abeille fondue, pour voir ce que ça donne ! A découvrir sur ce tutoriel pour en fabriquer.

6 – Je n’achète plus aucun fruits exotiques à l’exception des bananes, et seulement si elles viennent des Antilles ou du secteur Méditerranéen.

7 – Je ne consomme plus de café

8- Lorsque les fruits et légumes que nous consommons ne peuvent pas être locaux (mon magasin bio s’approvisionne chez les producteurs du secteur, respectant ainsi la saisonnalité par la même occasion – pas de pommes en juin, par exemple !), je limite la provenance à l’union européenne – idéalement aux pays frontaliers – et je n’achète que des produits de saison.

9 – J’ai supprimé tous les produits ménagers industriels pour les remplacer par le quatuor savon de marseille / savon noir / vinaigre blanc / bicarbonate de soude. Ce changement a été initié en 2012 lorsque ma fille a commencé à vivre par terre ^^ je suis passée du Cillit Bang au balai vapeur haute pression…remplacé aujourd’hui par un mélange eau chaude / savon noir tout à fait efficace.

10 – Nous n’achetons pas de bouteilles plastiques (et surtout pas d’eau en bouteille, j’ai d’ailleurs stoppé ma consommation d’eau gazeuse à la maison pour cette raison.

Certain-e-s me diront « prends les en verre » : le recyclage du verre est un procédé très énergivore, l’eau gazeuse n’est pas une nécessité pour moi donc je l’ai supprimée de mon quotidien. J’apprécie d’en boire quelques fois au restaurant par exemple, ou lorsque je suis invitée dans une maison qui en consomme, mais je n’en achète plus depuis 2016).

11 – Depuis Noël, j’utilise une éponge végétale offerte par mon petit frère en même temps que le rouleau d’essuie-tout lavable.

Ce que j’aimerais améliorer cette année dans ma cuisine : 

  1. Remplacer le chocolat à cuire par des pépites de chocolat en vrac (elles peuvent à la fois être fondues pour aller dans les recettes de crèmes et gâteaux au chocolat, ou rester telles quelles pour les pâtisseries types muffins aux pépites etc). Je n’ai toutefois pas encore trouvé d’endroit près de chez moi qui permet cela.
  2. Remplacer la farine en paquets de 1kg par de la farine en vrac (il y a des meuniers autour de chez moi, ça doit être possible d’acheter directement chez eux. Mon souci reste le stockage en quantité supérieure à 2kg : j’ai peu d’espace et la farine est très sujette aux invasions de parasites lorsqu’elle n’est pas stockée correctement). Je ne pourrai pas aller chez le meunier tous les 4 matins, idéalement j’aimerais acheter par 5 kilos désormais…affaire à suivre.
  3. Apprendre à bien utiliser le bicarbonate dans les recettes, pour supprimer la levure chimique en sachet de mes aides culinaires.
  4. Remplacer les yaourts par des yaourts maison (mission : m’équiper d’une yaourtière et trouver une bonne recette de yaourts végétaux !)
  5. Fabriquer mon produit vaisselle (actuellement acheté en vrac dans mon magasin bio, j’avais testé une recette non concluante l’année dernière et n’ai pas retesté depuis)
  6. Fabriquer mes tablettes ou ma poudre de lave-vaisselle (actuellement achetées en supermarché, gamme dite « écologique »)
  7. Mettre en place un système de récupération d’eau dans mes bacs d’évier pour la recycler dans les chasses d’eau
  8. Trouver des bonnes recettes de crackers, faire mes laits végétaux, ainsi que le tofu (pour les rares fois où j’en utilise), afin d’éliminer les plastiques non-recyclables de leurs emballages mais aussi de diminuer les déchets recyclables de carton (le plus gros poste de déchets ici).
  9. Amener mes déchets verts au compost du village (75 à 80% de mes sacs poubelle sont composés de déchets organiques, rien qu’en passant au compost je pourrais réduire drastiquement ma production de déchets non-valorisables).
  10. Supprimer complètement le sucre blond et passer au 100% sucre complet (actuellement la proportion est environ de 40% sucre blond et 60% sucre complet)
  11. Supprimer le thé. J’ai déjà enlevé le café, et je ne consomme pas le thé pour son effet « excitant », c’est simplement ma boisson chaude du matin et je sais très bien m’en passer en ne buvant que des tisanes. Le thé vient de loin, alors que les tisanes peuvent être partout autour de moi, soit chez des producteurs soit directement en m’amusant à cueillir des plantes pour les faire sécher.
  12. L’huile de coco n’est pas un produit local, pour le moment je ne lui trouve pas d’alternative. Malgré tout elle reste moins polluante que les matières grasses végétales à base d’huile de palme, ou que les matières grasses animales comme le beurre. C’est donc, pour le moment, le meilleur choix pour mes convictions et mes possibilités, mais je continue de chercher comment obtenir son résultat avec quelque chose qui soit produit plus près de chez moi. A noter qu’elle doit absolument être bio et, si possible, labellisée Nature et Progrès ou Demeter. Vous serez ainsi certain-e qu’elle ne fait pas intervenir d’esclavage animal pour la récolte des noix.
  13. Utiliser des restes de pelotes pour crocheter des Tawashis (éponges japonaises) afin de ne plus acheter d’éponges synthétiques
L’huile de coco est intéressante en pâtisserie comme en cosmétiques, pour ses propriétés nutritives d’une part mais aussi pour sa texture : elle remplace par exemple très bien la margarine ou le beurre ramolli car elle se solidifie en dessous de 25 degrés. A température ambiante dans une cuisine, elle a donc une texture de beurre pommade.

Avant de terminer

Si vous vous dites que pour manger de cette façon ou pour vivre de cette façon, ça doit me coûter cher, la réponse est non. Au contraire, il me reviendrait plus cher de consommer autrement, directement en grandes surfaces etc. Mon budget alimentation n’est pas plus important qu’à l’époque où je vivais autrement. Je n’ai simplement plus du tout les mêmes choses dans mon panier !

Egalement, la question du temps revient souvent dans les discussions autour du Zéro Déchets. Bien sûr, tout faire soi-même ça prend du temps, en tout cas plus de temps que de s’approvisionner en produits et utilitaires prêts à l’emploi. Mais pour moi la question ne se pose pas, ce temps est non négociable car il engage ma santé, celle de mes enfants, et puis l’avenir aussi. Ca implique parfois que je cuisine ou fabrique une crème hydratante le soir après le coucher des enfants, après une grosse journée de boulot où je voudrais faire autre chose.

Mais c’est comme ça, c’est mon choix de vie. Bien manger et avoir un impact réduit, ce n’est pas discutable ici, c’est comme l’hygiène : ça ne peut pas être autrement. Mon organisation tourne donc beaucoup autour de la préparation des repas, des goûters et des utilitaires de la maison.

Par ailleurs, mes activités sont génératrices de pollution : internet est un gouffre d’énergie, on le sait tous. Alors il est impératif pour moi de compenser un maximum sur tous les autres plans de ma vie. Je ne suis pas encore au bout de mon objectif, je peux installer des tas de choses supplémentaires, j’y travaille et j’aime beaucoup ça !

Si vous travaillez hors de chez vous et que vous ne savez pas comment faire pour notamment, organiser la préparation des repas sans que le temps avec vos enfants en pâtisse, regardez du côté du Batch Cooking ou du Meal Prep par exemple, il y a de bonnes idées à prendre.

Quelques ressources précieuses :

S’informer et s’inspirer sur la démarche Zéro Déchets :

Consommons sainement, le blog incontournable pour engager, poursuivre et approfondir une démarche zéro déchets

Famille (presque) Zéro Déchets : le blog d’une famille qui démontre que vivre Zéro Déchets ce n’est pas forcément plus cher, plus dur ou plus contraignant et que ça peut être au contraire source d’économies, de simplicité et de moments forts à partager en famille. (voir aussi le livre, plus bas)

Pour modifier son alimentation :

Livres spécifiques

Cuisiner Zéro Déchets, de Giovanna Torrico et Amelie Wasiliev aux éditions Marabout

J’adopte la green attitude, de Stéphanie Chica aux éditions Le Temps Apprivoisé (2018)

Famille (presque) Zéro Déchets – Ze guide, de Bénédicte Moret et Jérémie Pichon, Thierry Souccar Editions (2016)

A suivre dans cette série

Pour compléter ce tour de mon quotidien en cuisine, nous parlerons bientôt du Zéro Déchets dans la salle de bain, dans le dressing, dans l’ atelier (là c’est pas encore gagné…) et au travail (là aussi, y a du boulot !)

Mais avant ça, dites-moi quelles sont vos trucs et astuces Zéro Déchets dans votre cuisine, ou ce que vous aimeriez réussir à mettre en place cette année ! Vous pouvez même venir en discuter avec les membres de mon groupe Facebook « organisation et vie quotidienne » 🙂

A bientôt !

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