Il est rare que je vous parle de Bullet Journal en me focalisant sur un seul type de page.

Je crois d’ailleurs, que ça n’est jamais arrivé. D’ordinaire, les billets Bujo ici et les vidéos sur Youtube sont plutôt des condensés de tout ce que j’utilise au quotidien mais aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un outil qui m’a particulièrement aidée et qui continue à m’être très bénéfique : ce que j’appelle les listes égocentrées et notamment l’une d’entre elles : « ce qui me fait du bien ».

Note : ce billet est le second d’une série inspirée par les conférences et échanges vécus au Festival pour l’école de la vie. Mon objectif dans cette série de publications n’est pas de retranscrire ou de résumer ce qui s’est dit et vécu là-bas, mais plutôt d’ouvrir la réflexion et le débat autour des sujets évoqués, en fonction de mon propre vécu ou de ma philosophie de vie personnelle. Ces billets seront matérialisés dans leur titre par le hashtag #FestivalPourLecoleDeLaVie. Je vous invite à enrichir la réflexion en commentaires ! 

Vous vous demandez sans doute comment je parviens à tisser un lien entre le Festival pour l’école de la vie de Montpellier qui a eu lieu le week-end dernier, et une simple liste dans mon Bullet Journal. A première vue c’est un peu tiré par les cheveux. Et pourtant ! Le vendredi soir, j’ai assisté à une conférence d’un homme dont je n’avais jamais entendu parler : Conrad. Je le cite sans nom de famille car c’est comme cela qu’il s’est présenté à nous. Dans cette conférence qui a fortement résonné en moi, j’ai retrouvé une notion essentielle sur laquelle je travaille personnellement depuis maintenant deux années entières : la reconnexion à soi-même.

En effet, dans notre société moderne, les cadences infernales de la vie nous ont coupés de notre essence. Nous sommes partout sauf dans notre espace intérieur. Métro, boulot, dodo est le lot de bien trop d’humains aujourd’hui, nous ne savons plus écouter ni reconnaître nos émotions ni celles des autres, nous vivons formatés par des rythmes insoutenables et le nombre de burn-outs explose, et ce dès l’enfance : ces dernières années, les pédopsychiatres tirent la sonnette d’alarme sur le nombre croissant d’enfants qui se retrouvent en burn-out dès l’école primaire.

Toi comme moi, on l’ sait ! On court, on court et on n’arrive jamais ! Parce que tout va trop vite ! On marche vite ! On respire vite ! On mange vite ! On travaille vite ! Et c’est comme ça qu’on va finir par s’aimer vite !

Cabadzi – S’aimer vite

Il est urgent de ralentir.

Partout ces temps-ci, on nous parle de l’importance de la bienveillance.

Envers les enfants, envers la nature, envers les autres. Mais s’il y a bien une leçon que j’ai tirée de la Vie ces dernières années, c’est que bienveillance bien ordonnée commence toujours par soi-même. Comment arrêter de crier dehors, si nous sommes constamment en train de crier dedans ? A force de nier nos besoins fondamentaux pour répondre aux exigences de plus en plus invasives et déshumanisées du travail, nous sommes devenus vides de sens, et nous nous réfugions dans la consommation pour nous remplir, nous remplir et nous remplir encore, persuadés que posséder nous fera Etre, alors que cela ne nous permet que d’Avoir, et rien d’autre. Un marathon du superflu, au cours duquel chaque nouvelle possession ne fait qu’appeler la suivante : ce n’est jamais assez. Nous pensons que le bonheur se mesure à la taille de notre maison, à la valeur de notre voiture ou aux trois petites semaines de farniente que l’on s’autorise enfin en juillet, pendant que les 49 autres sont effrayantes de stress et de routine.

Exagéré, mon tableau ? Pas tant que ça, malheureusement.

Et puis ça devient usant de se pavaner devant des cartes postales qu’on n’aura même pas le temps de savourer. On s’y trempera juste les pieds deux trois jours en été,  et puis hop! Le prochain bonheur ce sera pour l’année prochaine, c’est moche quand même!

Cabadzi – S’aimer vite

Alors que faire ?

Malgré tout, on peut apprendre, ou ré-apprendre, à reprendre contact avec nous-même. A se reconnecter à ce que l’on est profondément, à identifier ce qui nous anime : sentiments, émotions, énergies, inspiration. Certains trouveront leur solution dans une thérapie, d’autres dans le yoga ou la sophrologie, d’autres encore dans la méditation…Il n’y a pas de bonne réponse universelle et chacun pourra déterminer ce qui l’aide sur ce chemin. En ce qui me concerne, c’est dans la pratique de la CNV et dans la tenue de mon Bullet Journal que j’ai trouvé comment ouvrir les portes vers Moi et les résultats sont là. Depuis peu, j’approfondis ce travail par la méditation et, très prochainement, par la découverte du Kundalini Yoga.

Bullet Journal et listes égocentrées

Une liste égocentrée est une liste que l’on consacre à soi-même. Elle est tout ce qu’il y a de plus narcissique, on ne pense qu’à soi et à rien d’autre. A première vue cela peut paraître inutile, voire complètement nombriliste, et pourtant ! Ces listes nous permettent de regarder vers l’intérieur, un petit instant, pour mieux nous connaître. Je ne compte plus les listes de ce type que j’ai mises en place dans mon Bullet Journal ces douze derniers mois sur mes qualités, mes rêves, les mots que je préfère, les musiques qui me font vibrer, ce que j’aime chez moi…ou encore, celle qui nous intéresse ici : ce qui me fait du bien. C’est une de mes listes préférées dans toute la dimension « développement personnel » de mon carnet.

Liste Bullet Journal développement personnel

La version que vous voyez ici est la cinquième depuis le début de la mise en place des listes égocentrées dans mon Bullet Journal. Elle a été réalisée cette semaine, lors d’une discussion avec un ami dont le moral semblait un peu en berne. Après l’avoir écouté un petit moment, je lui ai proposé de prendre une feuille et un crayon et de dresser la liste des choses qui lui font du bien, quelles qu’elles soient. Comme je m’y attendais, et comme ça m’est arrivé la première fois que j’ai tenté l’expérience, il n’était pas loin du syndrome de la page blanche. J’ai eu envie de partager avec lui ce moment d’introspection et j’ai fait cette liste en même temps.

Cela faisait plus de trois mois que je n’avais pas travaillé ce thème, et j’ai été agréablement surprise de voir à quel point la liste a évolué depuis la dernière fois. Mais surtout, de voir que les éléments de cette liste me sont venus très rapidement, comme des choses évidentes. C’était loin d’être le cas lors de mes premiers essais il y a un an. Je me connais beaucoup mieux qu’auparavant.

Que faire de cette liste une fois terminée ?

Il y a certainement autant de façons d’utiliser les listes qu’il y a de personnes qui les créent, mais en ce qui me concerne je m’en sers de support pour la suite :

  • Quand j’en ressens le besoin, je la relis et je me demande ce qui, dans tous les éléments, est réalisable dans l’immédiat ou à très court terme.
  • Je choisis un de ces éléments
  • Je m’applique à le réaliser en pleine conscience
  • Je prends – parfois, pas toujours, en fonction de mes besoins – un petit temps ensuite pour noter ce que j’ai ressenti, comment je me sentais avant, comment je me sens après…une sorte de débriefing émotionnel rapide, pour me centrer.

Ca veut dire quoi, en pleine conscience ?

Cela signifie en étant le plus possible ancré dans le moment présent. Par exemple, si je consulte cette liste un jour où j’ai la possibilité de partir en balade, je vais aller marcher seule, en étant particulièrement attentive à mes sensations tout au long de la promenade. Et bien sûr, téléphone coupé. Qu’est-ce que j’entends ? Qu’est-ce que je vois ? Que me font les sons, la palette de couleurs du paysage ? Il peut m’arriver aussi d’enlever mes chaussures pour marcher pieds nus un moment, le temps de ressentir mon ancrage au sol. Je peux également m’arrêter quelques minutes, fermer les yeux et essayer de visualiser mentalement les vies minuscules partout autour de moi : cet arbre sur lequel il y a une branche, sur laquelle il y a une feuille, sur laquelle il y a une fourmi, etc.

Si je me mets à faire des muffins, je ne vais pas les faire mécaniquement comme je peux le faire en semaine lorsque je prépare comme d’habitude les goûters des enfants. Je vais prendre un temps pour « entrer en contact » avec les ingrédients que j’utilise : quelle odeur, quelle texture… et ce jusqu’à la fin de l’opération. Une fois mes muffins cuits, je peux par exemple les approcher de mon oreille, appuyer un peu dessus et écouter le son de la croûte dorée qui craque un peu. #TeamAmeliePoulain 😛

Si j’écoute de la musique, je m’installe dans mon canapé, et je ne fais rien d’autre qu’écouter, les yeux fermés pour ne pas subir de distraction visuelle.

Ca vous paraît farfelu ?

Je ne vous en voudrais pas 🙂 Mais vous pourriez être surpris du sentiment profond d’existence et d’apaisement que ces petites choses simples peuvent procurer. D’ailleurs, pour s’en convaincre, le mieux est encore de tester…

Qui est cap d’essayer ?

Matériel utilisé :

Les citations de ce billet sont issues de la chanson « S’aimer vite » du groupe Cabadzi, album Des angles et des épines (réédition). Vous la trouverez sur les plateformes d’écoute en streaming Deezer, Napster et Spotify. Ceux qui ont un compte Deezer (y compris gratuit) peuvent l’écouter directement en cliquant sur le player ci-dessous. Pour les non-inscrits, vous ne bénéficierez que d’un extrait de 30 secondes. Sur deezer, le titre de la chanson ne correspond pas, c’est une erreur de leur part, c’est bien la bonne musique dans le player !

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Ce qui me fait du bien - liste bullet journal