Je m’appelle Julie, j’ai 35 ans et je suis hypersensible

C’est un peu bizarre, ce titre, n’est-ce pas ?

Sauf si vous découvrez ce blog par ce billet, vous me connaissez déjà. Vous savez que je m’appelle Julie, que j’ai 35 ans (enfin presque, mais j’ai arrondi vous ne m’en voudrez pas), et depuis quelques temps vous savez aussi que je suis hypersensible. Depuis quelques temps, parce que jusqu’à il y a quelques mois je ne le savais pas moi-même, alors il aurait été difficile de vous le dire. Je savais qu’on était plusieurs dans ma tête – et surtout dans mon coeur – mais j’avais toujours pris ça pour une forme de défaut, comme un truc que je n’aurais jamais vraiment appris à gérer, à contrôler, alors que tout le monde savait le faire. La preuve, les autres ne débordaient pas comme moi, c’était bien que j’avais un souci quelque part.

J’ai toujours débordé.

Mais j’ai vite appris, dès l’enfance, que ma façon de vivre les émotions n’était pas souhaitable, surtout pour les autres. Donc je me suis adaptée, autant que possible, et j’ai appris à développer une sorte de contention émotionnelle permanente qui me faisait paraître « normale » et qui me préservait un peu des jugements des autres sur la nature ou la légitimité de ce que je ressentais. Respecter cette contention est tout simplement épuisant, psychologiquement, et l’effort que je devais fournir pour ça a eu bien des conséquences sur ma vie.

J’ai passé 34 ans à me sentir différente sans savoir pourquoi. J’ai passé autant de temps à ne pas avoir confiance en moi, à me demander ce que les autres allaient penser de mes réactions et à essayer de faire les choses pour plaire aux autres avant de les faire pour moi-même. J’avais besoin d’être acceptée, sans savoir comment faire à part me modeler à l’image de ce qu’on attendait d’une fille normale, dans un monde normal.

J’ai très souvent minimisé, voire tu et parfois même menti, la nature de mes sentiments. Les relations amoureuses étaient toujours une période compliquée, car quand j’avais envie de parler ce que je vivais comme de quelque chose d’extraordinaire, même quand ça ne durait que quelques mois, on me renvoyait souvent que ce n’était pas la bonne façon de vivre les choses, que j’étais « trop ». A l’inverse, les gens pensaient souvent que j’avais des relations amoureuses avec mes amis. Je me connectais parfois si profondément à eux, je nourrissais des sentiments tellement forts, que cela pouvait prêter à confusion j’imagine. Pour cela j’ai souvent été perçue comme une séductrice, dans le mauvais sens du terme.

C’était même parfois confus pour moi, parce qu’une simple amitié pouvait me faire avoir des papillons dans le ventre ou me donner envie de toucher très souvent le corps de l’autre. Un peu comme un couple, l’amour en moins cependant. Mais on me disait que c’était des symptômes amoureux alors j’ai longtemps cru être une amoureuse frivole. J’ai eu nombre de « petites histoires » qui ne duraient pas et que je pouvais arrêter du jour au lendemain. Dans ma difficulté à discerner les deux états car ce que je vivais ne correspondait pas au schéma normé habituel, j’étais celle qui pouvait dire « je t’aime » le lundi et rompre le mercredi. Pour cela j’ai souvent été perçue comme dure, insensible ou manipulatrice. Dans ces cas là j’étais « pas assez ».

J’ai passé ma vie à me cacher les yeux devant les films violents et à être perçue comme une sorte de « petite nature ». C’était gentil, les moqueries de mes copains sur mon intolérance aux giclées de sang dans Gladiator ou mon besoin de me boucher les oreilles (yeux fermés bien sûr) quand la bestiole hurlait dans Alien (je vous vois, vous avez envie de rire ! ^^) « Tu me touche le genou quand c’est fini d’accord ? Mais tu me fais pas de blagues hein, t’attends d’être sûr que c’est vraiment fini ! »

C’était gentil mais au final, cela m’a surtout amenée à me dévaloriser, à me juger, à me trouver encore une fois « trop » ou « pas assez ». Trop sensible, pas assez rationnelle.  « Franchement t’exagères, c’est de la fiction hein ». Sauf que moi quand on coupait une main au cinéma, j’avais mal au poignet et mon corps voulait s’enfuir.

Et puis j’ai eu des enfants.

Et la contention émotionnelle a lâché. Complètement. Du jour au lendemain, je vivais des tsunamis de sentiments dont j’étais incapable de comprendre la source, et que je ne savais pas comment gérer. Tout ce que je savais, c’est qu’à l’intérieur ça hurlait la panique totale, car pour la première fois je ne parvenais pas à contenir, à rentrer dans le moule des émotions normales, et à me conformer à l’image des gens normaux. Tout me faisait sur-réagir.

La fatigue immense des premiers mois était une violence intérieure supplémentaire. La musique que je pratiquais depuis si longtemps était elle aussi devenue une violence, tant elle participait à une surenchère émotionnelle que je ne pouvais absolument pas ni gérer, ni contenir. Je me suis murée dans le silence pendant trois ans. J’ai arrêté d’écouter, j’ai arrêté de jouer. J’ai cru devenir folle, en vrai. Je ne me reconnaissais plus ni dedans, ni dehors.

Mais comment aurais-je pu me reconnaître, moi qui ne me connaissait pas ? Je ne connaissais que celle que j’avais construite comme une protection pour celle que j’étais dedans. Avoir des enfants a fait voler cette armure en éclats et je me suis retrouvée là, nue et fragile, petite chose sans défense recroquevillée en position foetale.

Et puis j’ai découvert la CNV.

D’abord par la théorie en 2012, puis par la pratique en 2015. Et là, tout s’est éclairé. L’un des piliers de cette pratique est d’identifier ses besoins profonds et les émotions qu’ils génèrent. Cette découverte fut une révélation, bien plus efficace que la thérapie que j’avais engagée quelques mois plus tôt. Thérapie que j’ai bien vite arrêtée tant elle me paraissait inutile à côté de ce travail de fond qui, atelier après atelier, me faisait tout comprendre, tout voir, tout saisir de ce que j’étais et de comment je fonctionnais. Une amie de l’atelier m’a dit un soir « mais tu es hypersensible non ? ». Bonne question, je n’avais aucune idée de ce que c’était ! Pour être « hyper », encore faudrait-il avoir connaissance de ce que serait la normalité… Alors j’ai cherché, lu, discuté, trouvé et travaillé, travaillé, travaillé, travaillé.

Ma vie a alors changé du tout au tout.

Et puis j’ai compris.

Que si j’avais toujours été aussi douée pour la musique, c’était parce que mon hypersensibilité me donnait une oreille extrêmement fine, capable de tout entendre et de tout anticiper. C’est pour ça que depuis toujours j’étais capable d’improviser sur n’importe quoi, avec n’importe qui, parfois pendant des heures.

Que si j’étais capable de dire « mais si, tu te rappelles, c’était il y a 6 ans, et maman avait cuisiné ça d’ailleurs ce jour là », c’était parce que mon hypersensibilité me faisait associer les situations aux stimulations sensorielles qu’elles avaient générées : odeurs, goûts, sensations tactiles, sons.

Que si je ressentais un grand stress quand je commençais à être trop longtemps dans un endroit très bruyant ou très actif, c’était parce que mon hypersensibilité faisait que mon cerveau tolérait mal les sollicitations simultanées et cherchait à s’en extraire par tous les moyens. Y compris l’explosion de colère, les manifestations d’impatience ou la rigidité subite de mes paroles. J’ai souvent été la copine « pas super fun » qui refusait les sorties en boîte de nuit. Moi je voulais juste me protéger des stroboscopes qui étaient pour mes yeux d’une violence inouïe.

Que si j’avais des sentiments si forts pour les gens même en ne les voyant qu’une fois ou deux, c’était parce que mon hypersensibilité me faisait vivre toutes les rencontres comme une histoire merveilleuse dotée d’un champ des possibles immense, que je voulais embrasser tout entier.

Que si j’avais si souvent besoin de repli sur moi-même, ce n’était pas que j’étais égoïste, mais parce que mon hypersensibilité me transformait en empathe. Ces replis qu’on m’avait si souvent reprochés, qui me faisaient ne pas donner de nouvelles pendant un temps ou manquer des soirées, c’était juste mon besoin d’essorer l’éponge de mon coeur pour ne pas me faire avaler totalement par les émotions des autres.

Que si j’avais cette grande facilité à pleurer, c’était parce que mon hypersensibilité me faisait déborder et pas parce que j’étais « chochotte ». Déborder, c’est une image que j’aime parce qu’elle est si réelle. Mon corps d’1 mètre 80 est bien insuffisant pour contenir le flot de mes émotions, alors elles sortent comme elles peuvent et comme l’eau, elles prennent le chemin le plus intense et le plus rapide. Celui qui peut se changer en torrent. Une de mes protections principales, pendant toute ma vie d’avant, a justement été de contrôler mes larmes, de les rendre rares, voire absentes. Pour avoir trop entendu les autres les qualifier de larmes de crocodile ou me dire « tu vas savoir pourquoi tu pleures ».

Depuis que je m’autorise de nouveau à pleurer, je n’ai (presque) plus besoin de recourir aux autres moyens, bien plus violents, qui remplaçaient mes larmes.

Et tellement d’autres choses encore.

Mon hypersensibilité aujourd’hui

Je vais bientôt souffler ma 35ème bougie. En un an, j’ai changé complètement mon rapport à moi-même. Toutes ces choses que j’étais persuadée de traîner comme des défauts dont je n’arrivais pas à me défaire, sont devenues des forces, des moteurs, qui me portent dans tout ce que je fais et qui subliment mon existence.

J’ai trouvé les outils me permettant de partager tout l’amour que je tiens dans les mains depuis toujours. Je vis des relations d’une grande sincérité car je m’autorise à être vraie et contre toute attente, les autres semblent heureux d’accueillir ça. Je crois que par la dimension de mes émotions pour eux, ils se sentent exister différemment et que ça leur fait du bien. Ca me fait du bien à moi aussi, de ne plus avoir peur de dire aux autres à quel point ils me transportent parfois. Quand j’en ressens le besoin, je m’autorise désormais à leur dire comme je les trouve lumineux, comme ils sont doux pour moi, comme je me sens bien en leur présence ou ce que j’ai envie de leur offrir quand je suis avec eux. Des choses que traditionnellement on réserve au discours amoureux, car il n’est généralement pas bien vu de manifester des émotions si intenses en dehors de ce cadre.

Mon intuition déjà forte s’est décuplée.

Comprendre et accepter mon hypersensiblité m’a fait apprécier de voir chez les autres au delà de leur carapace. Pendant des années, mon empathie me faisait peur, elle me violentait car je ne voyais que ce qu’elle m’imposait de difficultés à absorber ainsi les émotions des autres. Aujourd’hui j’ai inversé la vapeur et je travaille à développer mes capacités dans ce domaine, je l’offre dès que j’en ai l’occasion, et mes amis me sollicitent aussi maintenant quand ils en ont besoin. Je sens que tous les verrous sur ce sujet n’ont pas encore sauté, mais aujourd’hui quand j’entre en protection je me vois faire et je comprends ce qui m’anime. Je peux donc choisir de réagir différemment, sans être obligée de m’extraire. Je sais dire aujourd’hui « Excuse moi, aujourd’hui je n’ai pas les ressources et je veux être pleinement disponible pour t’écouter. Alors parlons-nous demain ».

J’ai appris à aimer cette hypersensibilité car elle me rend spéciale et je suis heureuse aujourd’hui d’avoir la chance de la vivre en conscience. Elle me permet d’adapter ma vie à ma nature profonde, après avoir passé ma vie à m’adapter à des normes. Je ne me force plus à faire des choses que je sais violentes intérieurement pour moi. Si je sors avec des amis, c’est dans un endroit dont je peux m’extraire facilement pour reposer mes sens trop stimulés par la lumière et le bruit.  Je m’entoure de gens bienveillants et aimants qui nourrissent mes besoins d’amour, d’appartenance et de communion d’esprit. J’essaye d’offrir à mes enfants une éducation qui respecte leurs émotions. Je partage mes expériences par tous les moyens qui s’offrent à moi pour offrir le regard différent de l’hypersensible sur le monde.

Je me sens libre et entière. Mon coeur est mon meilleur ami.

Je m’appelle Julie, j’ai 35 ans et je suis hypersensible.

Image de couverture : Pixabay

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Je m'appelle Julie, j'ai 35 ans et je suis hypersensible

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39 commentaires

  • je suis « hyper » émue par ton billet!!!
    quel travail tu as du, tu as fait et tu fais encore!!! comme quoi avant de vouloir connaître les autres, il faut commencer par se connaître soi-même….
    ton billet permet également à tout un chacun d’être enfin « comme il est » et non pas à chercher à ressembler aux autres ou à une norme!!!
    je te souhaite une très belle vie et merci pour ce partage touchant, encourageant et tellement sincère….
    bonne et belle journée

    • Merci beaucoup 🙂 Effectivement c’est un travail, qui est toujours en cours et c’est une perspective heureuse pour moi de continuer à aller dans ce sens 🙂 Belle vie à toi aussi !

  • C’est un très joli billet, bien écrit. C’est important d’être soi-même et de ne pas faire les choses juste pour plaire aux autres. Perso, j’ai jamais vraiment aimé les boites de nuit, même quand j’étais jeune 😉
    Bonne journée.

    • Bonjour Carine, merci pour ton message 🙂 Je me suis permise de supprimer les deux commentaires postés précédemment puisque tu as pu reposter celui-ci 🙂

  • J’aurais pu écrire ce texte tellement je me reconnais ! Ces phrases, cinglantes, « tu es trop », « tu n’es pas assez », ont « bercé » mon enfance… trop près du mur ! J’ai fini par me couper de mes émotions et mon corps parle pour moi…
    Je me suis tellement coupée de mes émotions, qu’aujourd’hui, je suis épuisée de lutter. Je n’ai même plus la force de pleurer tellement je suis épuisée.
    Peux-tu nous en dire plus sur la CNV et les ateliers stp ? Peut-être l’as déjà-tu fait dans un article antérieur à mon inscription sur ton blog ?

  • Moi aussi j’ai découvert que j’étais différente dernièrement (multipotentielle) ! Mieux vaut tard que jamais (j’ai 50 ans en arrondissant aussi). Et ça fait du bien de mettre un mot sur sa différence. Mieux se connaitre permet d’appréhender les choses avec bien plus de sérénité. J’ai, moi-aussi, fait un point là-dessus sur mon site (rubrique « qui suis-je » si ça t’amuse de le lire). L’écrire m’a permis de formaliser la chose, de dire que je suis différente et que j’en fais un atout. Pas une fatalité.
    Plein de belles choses à toi Julie !

  • Je ne sais pas si je suis hyper sensible, mais très sensible, ça oui… Très empathique en tout cas, ce que tu dis sur les films, c’est tout moi. J’ai travaillé dessus mais c’est vraiment pénible pour moi les films marqués par des coups durs, des deuils notamment car ça me suit pendant des jours, je ressors du film comme si je l’avais vécu. Ton article est très inspirant, il est vrai que cette hypersensibilité (je connais des personnes dans ton cas) est parfois une source de malaise pour les autres qui ne savent pas comment réagir et préfèrent alors minimiser le ressenti, le nier voire être moralisateur sur le fait de surréagir, de trop être dans l’empathie avec les autres…Bref il faudrait se « raisonner ». Ca part parfois d’une bonne intention car ces personnes peuvent avoir peur que leurs ami.e.s hypersensibles ne se protègent pas assez. Mais ce n’est probablement pas la bonne façon de prendre la question, je préfère les pistes que tu donnes 🙂

    • Merci pour ton témoignage Irène ! Effectivement ce n’est pas la bonne méthode parce que ces émotions ne sont pas raisonnables, elles font partie intégrante du fonctionnement cérébral de la personne et donc on ne peut pas les empêcher ou leur demander d’être autrement. La seule chose qu’on puisse faire c’est travailler dessus pour les comprendre, les accepter, et faire qu’elles ne soient plus envahissantes. En gros, les rendre vivables 🙂

  • Haha, je me reconnais dans ce que tu écris, c’est dingue!
    Dis, tu pourrais nous en dire plus sur la formation en CNV que tu as eue? La théorie et ce que tu appelles la pratique stp? Merci!

    • Ce n’est pas une formation que j’ai suivi, ce sont des ateliers auxquels je participe tous les 15 jours à une quarantaine de kilomètres de chez moi 🙂 Je suis toujours en apprentissage 🙂

  • Je viens de finir ce billet et j’en ai les larmes aux yeux. J’ai 24 ans, et je me reconnais dans ce que tu dis. Être jugée de « trop » ou de « pas assez » ou aussi de « séductrice »… ce billet me perturbe car cela pourrait être moi dans quelques années. Ce n’est que depuis une semaine que je me renseigne et que j’ai découvert que j’étais sûrement hypersensible. Alors merci Julie vraiment. C’est un pas de plus pour moi.

    • Avec grand plaisir Clémence. J’ai aussi compris par diverses lectures alors si ce texte t’aide dans cheminement, j’en suis très heureuse 🙂

  • Merci pour cet article. Je suis moi aussi hypersensible, je le sais depuis que j’ai 20 ans, mais toujours lutté contre car elle me rendait faible pour les autres. Et puis récemment, j’ai compris que je suis forte car je dois gérer plus de stimuli et que pourtant je suis toujours debout, que j’ai su me remettre en question ainsi que mon éducation afin d’offrir une éducation plus bienveillante à ma fille.
    MERCI et bonne journée.

  • Bonjour. Je découvre ton blog avec cet article. J’aime beaucoup ta façon d’écrire et ton univers. Je me reconnais dans certaines choses que tu décris – d’ailleurs, j’ai toujours refusé de regarder Alien :). Dans notre société, l’expression des émotions est dévalorisée, ce qui fait que beaucoup de gens, même ceux qui ne sont pas hypersensibles, refoulent leurs émotions et sont ensuite gênés par les émotions des autres. Je suis contente que tu parles de la cnv car elle m’aide beaucoup au quotidien moi aussi. Même si je ne participe pas à des ateliers, j’essaie d’appliquer les principes que j’ai découvert dans des lectures et vidéos (j’adore celles d’Isabelle Padovani <3). Merci de partager ton expérience

  • Merci pour ce chouette billet dans lequel je me reconnais tant. J’ai 35 ans de septembre dernier et j’ai quitté ma carapace il y a seulement 1 an Je me découvre petit à petit et c’est parfois fort déstabilisant En lisant ton article je comprends pourquoi cet été, après avoir dansé sous les stroboscopes, j’étais totalement barbouillée…! J’en découvre tous les jours sur l’hypersensibilité Merci beaucoup <3

  • Quel tendre article qui me fait tant de bien ! J’ai découvert mon hypersensibilité il y a quelques mois et cela a été un choc autant qu’un soulagement… Le plus dur pour moi étant de l’assumer et de savoir dire »stop, je suis en train de déborder, j’ai besoin de m’extraire », ces mots me parlent profondément et je t’en remercie.

  • Chère Julie, nous ne nous connaissons pas, mais je reconnais dans ton article les « transformations » CNV 😊
    Et je me sens « hyper » en accord avec ton expression et ton partage d’expérience !
    Belle Vie à toi, maintenant 😍🎶☀️

  • Superbe texte Julie… j’ai decouvert il y a peu aussi que j’etais hypersensible…
    Je m’en suis rendue compte grace a ma fille ainée, qui, à 7 ans, est hypersensible egalement, et à tres haut potentiel… en fait en parlant de ce qui me tracassait au CMP, je me suis retrouvée dans pas mal de points, et a partir de la j’ai lu bcp d’articles sur le sujet…
    Pour ma fille étant donné qu’on essaye d’etre dans une education bienveillante, avant de savoir qu’elle etait hypersensible, elle a appris qu’elle avait le droit de pleurer si elle en ressentait le besoin, de faire ce qui lui semblait important a elle, s’ecouter et ne pas ecouter les avis des autres (toutes les « clés » que j’aurais aimé avoir enfant en fait)…
    Du coup a l’ecole si elle voulait jouer à un jeu, et personne d’autre ne voulait, ben elle jouait seule, c’est ce qui lui faisait plaisir/ce dont elle avait besoin a ce moment la et peu importait les autres… c’etait elle qui comptait. Sa maitresse nous avait conseillé un suivi, en nous parlant de « sensibilité differente », « d’un besoin d’apprendre comment vivre avec sa sensibilité ET avec les autres » …
    En grandissant, elle a appris (avec l’aide du CMP) a gerer les moments ou elle avait besoin d’etre seule, et les moments ou elle pouvait (emotionnellement) se tourner vers les autres et accepter les jeux des autres… Quand elle ressent un besoin d’etre seule, a la maison, elle sait qu’elle nous le dit et qu’on lui laissera le temps necessaire… a l’ecole, elle se « cache » dans les livres, que ce soit dans la cour (elle a tjs 1 ou 2 livres ou magazines dans le cartable) ou dans la classe. La maitresse est prevenue et elle sait que si elle est dans son livre, c’est qu’elle a besoin de se recentrer … A part en moyenne section, on a tjs eu de la chance ac les maitresses qui ont tres bien compris son hypersensibilité (la 1ere maitresse a nous avoir parlé de sa sensibilité, c’etait en fin de grande section, mais notre fille a refusé d’aller au CMP pendant plusieurs mois… donc elle a commencé en CP, et continue tjs en CE1)

    Du coup ici ma fille s’en sort plutot bien je pense, moi j’en suis encore au debut du processus, j’ai encore beaucoup de mal a penser a moi avant de penser aux autres, et lire cet article fait beaucoup de bien !!!!!!! 🙂 Merci !!!!!!!

  • C’est étrange de lire à quel point nos cheminements coïncident. 35 ans, 2 enfants de l’age des vôtres, je vous suis depuis plusieurs années. CNV, interrogations sur la zebritude des enfants, veganisme etc… Et je viens d’envoyer un mail à une amie quant à mes interrogations sur l’hypersensibilité et l’empathie. Nous cheminons en parallèle et je me demande s’il s’agit du chemin logique que nous devons tous traverser.
    Après plusieurs années de télétravail, j’ai repris une activité de bureau. Et j’ai redécouvert les joies des moments où tout mon être se rebelle. Je suis en colère, je veux qu’on me laisse tranquille. J’ai aussi découvert que si une personne était proche de moi et qu’elle ressentait une émotion forte, je la ressentais aussi. Enfin, les mots sont sortis, je suis pas folle, dépressive ou bipolaire…. seulement une empathe.
    Le paragraphe sur la séductrice m’a beaucoup parlé. Je me suis souvent retrouvée dans des situations embarrassantes, où la personne pensait que je la séduisais. Alors qu’il s’agissait seulement de gourmandise: j’ai vu (senti) quelque chose qui m’a intéressée, m’a fait me sentir bien et je m’en gave. Alors que si je ressens le sentiment amoureux, la violence du sentiment me fait perdre tous mes moyens et je cherche par tous les moyens à fuir. Quel paradoxe n’est ce pas?

    • Merci pour ce témoignage qui me parle énormément et pardon pour mon délai de réponse. La notion de gourmandise, qu’est-ce que je connais ! C’est elle d’ailleurs qui m’a souvent fait croire que j’étais amoureuse tellement j’avais envie de rester dans cette sensation. Et une fois le besoin rempli, ça retombait…Je ne crois pas toutefois fuir quand il s’agit vraiment du sentiment amoureux mais j’ai toutefois la sensation de ne pas vraiment savoir ce qu’il est réellement…

      • Je passe faire un p’tit tour et je vois que vous avez répondu à mon commentaire. Merci, cela me touche.
        Pour vous répondre, ce sentiment, je ne l’ai pas éprouvé très souvent: 2 fois, en 10 ans. C’est ne plus pouvoir croiser son regard tant l’émotion me submerge. Tout s’obscurcit, je n’arrive plus à penser. Mon ventre me fait mal, mon cœur s’emballe. C’est pour moi très déplaisant. Je me sens complétement nue, et je le suis, car il peut me voir entièrement. Et je réalise ensuite tous nos points communs, en particulier cette hypersensibilité qui nous rende si maladroit l’un envers l’autre. Peut être sommes nous comme deux miroirs qui nous observons à l’infini.

  • Je tiens juste à te remercier pour ce merveilleux billet. Merci de m’avoir permis de réaliser que moi aussi je suis hyersensible et hors norme et alors ?
    A fin de ton article, je me suis sentie libre, libre d’être moi même.

  • Merci pour ce texte tellement plein de vérité et d’authenticité ! Je m’y reconnais si bien… Et, comme je vis beaucoup de tempêtes avec mes enfants (surtout mon fils qui est vraiment très sensible comme moi), je me demande comment ça se passe maintenant pour vous avec vos enfants…? Est-ce que c’est moins difficile avec le travail entamé sur vous-même ?

    • Bonjour Marie, pardon pour le délai de réponse. C’est souvent complexe avec les enfants, car si j’ai beaucoup avancé sur la question de mes émotions aujourd’hui à l’âge adulte, mon enfant intérieur lui a encore des choses à guérir sur les difficultés qu’il a vécues quand les autres l’empêchaient d’exister avec ces émotions là. Du coup, certaines situations avec mes enfants me font surréagir et je peux parfois perdre mes moyens. Heureusement, j’ai la CNV avec moi qui limite les dégats et si ça ne m’empêche pas de crier parfois ou de réagir trop vite, ça évite au moins de tourner ma colère vers mes enfants et je ne leur reproche pas leurs émotions. Je leur explique immédiatement que la situation est trop difficile pour moi et que ça me fait quelque chose dedans dont je ne sais pas quoi faire, que leurs émotions ont le droit d’exister et que c’est à moi de les accueillir pour les aider à les gérer. Ils ont le même profil que moi bien sûr…

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