Comment on fait ?

Comment on fait quand on évite le plus possible d’écouter de la musique parce qu’elle nous porte tellement qu’on ne peut plus rien faire d’autre, et qu’on peut passer une heure à danser au milieu de son salon les yeux ruisselants, en laissant tout en plan ? Quand on ne peut pas faire un concert sans réfléchir à ses gestes pour ne pas paraître trop dingue dans la foule ?

Comment on fait quand on rencontre des gens et qu’on a l’impression d’avoir le coeur qui explose avec tellement d’amour à donner, et qu’on rentre avec l’envie de dire à tout le monde que la Vie est une histoire de dingue ?

Comment on fait quand on a le cerveau qui ne se met jamais sur pause ? Une idée, c’est forcément dix autres qui viennent derrière, et encore dix autres, et encore dix autres. Et même la nuit, même dans les rêves, on continue de penser. Comment on fait quand on a qu’une seule Vie pour toutes les mettre en oeuvre ?

Comment on fait quand on rentre en phase émotive monomaniaque, et qu’on peut passer une semaine à écouter la même chanson en boucle, jusqu’à en connaître par coeur le moindre détail ?

Comment on fait quand on découvre quelque chose de nouveau et qu’on peut passer plusieurs jours presque sans dormir pour plonger dans cette nouveauté et l’absorber toute entière ?

Comment on fait quand on a l’impression d’être à mille à l’heure ? Que tout est trop ? Trop beau, trop dur, trop triste, trop merveilleux, trop violent, trop grand, trop doux, trop incroyable, trop fatiguant ?

Comment on fait quand on passe sa journée à contenir son hyper-sensibilité ?

Comment on fait quand on voudrait se remplir de tout ce qu’on trouve parce que notre curiosité n’est jamais satisfaite ?

Comment on fait quand on voudrait tout apprendre ?

Comment on fait quand on se souvient d’une voix 8 ans plus tard en l’ayant entendue seulement quelques minutes ?

Comment on fait quand on se souvient de toutes les tenues qu’on portait aux moment importants de sa vie, de la première sortie au cinéma en amoureux à l’entrée à la fac en passant par le Noël de ses 10 ans ou le concert de Sinsemilia ?

Comment on fait quand on se souvient du plan de l’appartement de sa maman quand on avait à peine deux ans ?

Comment on fait pour calmer ses sens qui ressentent tout à des degrés démesurés ?

Comment on fait pour construire une vie stable quand à l’intérieur on est comme dans une ruche ? Et que ça bourdonne, que ça bouillonne, que tout est source d’élan pour partir découvrir ? C’est tellement incompatible avec la vie bien rangée que la société nous demande d’adopter.

Je vais vous dire comment on fait.

D’abord, on cache.

Autant que faire se peut. On cache parce qu’on se rend très vite compte que pour les Autres, on est « trop ». Trop rapide, trop instable trop pensant.e, trop fatigant.e, trop imposant.e, mais aussi trop intimidant.e, trop attirant.e, trop sensuel.le, trop inaccessible, trop émotif.ve, trop sensible, trop extrême.

On cache.

On essaye, vraiment. D’ailleurs on se croit souvent anormal.e, on se demande pourquoi on ne parvient pas à se réguler comme le font si facilement les autres. Pourquoi tu n’arrives pas à garder un boulot salarié ? Et pourquoi tu n’arrives pas à te poser ? Et pourquoi tu es sans cesse en train de t’interroger sur ce qui t’entoures, de tout remettre en question ? Et pourquoi tu commences des études sans les terminer ? Et pourquoi ? Et pourquoi ? On finit parfois par se demander si on n’est pas, finalement, plus mauvais que les autres. Incapables d’être heureux et stables alors que tout le monde nous le dit : on a tout. C’est forcément qu’on ne fait pas d’efforts, ou qu’on se laisse aller, non ?

Si seulement c’était aussi simple.

Et puis un jour la Vie décide que c’est le moment d’envoyer les signaux de fumée.

Et là, sur ton chemin, elle place des gens, des lieux, des livres, des rencontres, des moments. Et là, tu sens une forme de pouvoir qui te vient du fond du ventre, comme une boule de feu que tu oses enfin tenir entre tes mains. Tu la regardes bien en face, et tu vois tout.

Tu vois enfin qu’elle ne demandait qu’à être accueillie depuis toujours, mais que personne ne l’avait vraiment vue, bien cachée qu’elle était derrière la belle armure d’enfant puis d’adulte, bien adaptés, que tu avais patiemment forgée pour ne pas brûler les Autres, et toi avec. Sans forcément y arriver d’ailleurs.

Et le même mot que tu croises maintenant partout : zèbre, zèbre, zèbre. Et les livres que tu lis, et les gens avec qui tu parles, et la Vie qui te dit d’oser, que c’est maintenant, qu’il faut y aller. Que tu peux te libérer, que c’est possible. Mais qu’il va falloir trouver les bonnes clés pour inventer ta nouvelle vie.

Toute cette vie à me demander pourquoi j’étais tellement « trop ». Tellement affairée à développer des protections contre tout ce qui se jouait dedans et dehors parce que je vivais tout trop fort. Tellement occupée à ne plus savoir où donner de la tête face au tsunami de pensées qui habite mon cerveau sans jamais un instant de répit. Tellement occupée à chercher une solution pour être comme tout le monde, avoir une vie normale, des relations normales, des envies normales, une situation normale. Alors qu’au fond de moi je ne sais pas faire ça et que ma vie à moi, elle me hurle de laisser la place à l’hyper intensité, sans attaches, sans limites de temps ni d’esprit.

Si j’aime, c’est sans limite. Si je donne, c’est sans compter. Je vis chaque nouvelle rencontre comme une expérience magique et à chaque fois, je me verrais bien déménager à côté de mes nouveaux amis pour aller au bout de nos échanges. Oui, vraiment, je me le dis souvent. Pas plus tard que pendant les vacances avec les enfants, pas plus tard que ce week-end, je l’ai encore pensé.

On pourrait croire que je suis amoureuse de tout le monde. J’ai moi même souvent l’impression d’être amoureuse de plein de gens en même temps. Quand je vis une histoire d’amour, l’enveloppe de mon corps ne suffit pas à enfermer l’explosion qui se joue dans mon coeur et dans ma tête.

Contenir tout ça demande une énergie démentielle, si vous saviez.

J’ai une reconnaissance infinie pour toutes celles et ceux qui m’ont ouvert les yeux cette année sur mes probables rayures de zèbre et particulièrement en cet été 2017 qui a été un festival de rencontres, d’amour, de bienveillance et de partages si profonds. Parce que maintenant, tout est plus clair. Et surtout, je sais que partout autour de moi, il y a d’autres âmes rayées, reconnues ou qui s’ignorent. Et que si le reste du monde peine à nous comprendre, ensemble nous pouvons nous élever très très haut.

Peut-être vais-je pouvoir commencer à vivre pleinement ce que je suis dedans. Et encore une fois, mon corps est trop étroit pour contenir le torrent émotionnel qui me saisit à cette idée. Mais au moins aujourd’hui, je sais pourquoi, et je sais qu’il n’y a qu’une chose à faire :

Le laisser couler, couler, couler.

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comment on fait ?

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37 commentaires

  • Wahouuuuuuu j’ai l’impression que cet article parle de moi… sauf que je ne m’en sors pas aussi « bien » que toi. (Comme il me semble bien que nous avons exactement le même âge, je me permets le tutoiement). Pour moi aussi tout est tellement trop tout.le.temps. mais je n’arrive pas à canaliser, jamais…ni ce que je ressens ni comment je le vis, ni comment je réagis. J’ai tellement l’impression d’être mal réglée (Le bouton intensité poussé à son maximum). Tout est telllent trop violent que je me débats depuis 16 ans avec une méchante dépression qui ne me laisse des années de répits que pour me revenir me hanter. Envie de tout mettre sur pause. Souvent. Bien trop souvent.
    Et sinon suIs pas certaine d’avoir tout compris à cette histoire de zèbre ;-))

    • Les zèbres… C’est comme ça qu’on appelle les gens « surdoués » ou à « hauts potentiel » bre tout ceux qui voit la vie et la vive differement de la « norme ». Et ca se traduit souvent par une hypersensibilite, une propension à la rêverie etc…

      Zunzun merci pour ce magnifique texte

    • Je suis encore loin de dire que je m’en sors bien 🙂 Mais tu vois, il est dans ma nature d’être en état d’enchantement, d’émerveillement, en quasi permanence. Découvrir ça, ça m’émerveille complètement. J’y vois une telle promesse pour l’avenir ! Alors sans doute que comme à chaque fois que j’exprime mes émotions, elles débordent un peu et que ça donne l’impression que je surfe là-dessus super facilement. Pas encore. Mais je suis sûre que ça va venir. Et pour toi aussi ! Pour ma part, c’est grâce à la Communication Non Violente que je m’épanouis et me stabilise vraiment sur le plan émotionnel : grâce à elle, j’ai largement développé mon vocabulaire des émotions et le fait de pouvoir les identifier précisément me permet de les verbaliser précisément aussi. Et du coup mon corps et mon esprit sont moins submergés, je contrôle mieux. Et surtout ça grandit profondément les relations car ça met dans le coeur des gens des mots que peu de gens leur expriment. Cet été j’ai eu avec plusieurs personnes des échanges magnifiques.

  • Merci pour ce billet, tellement juste, tellement beau. Je connais aussi ce sentiment d’être toujours trop. J’ai toujours eu (et aujourd’hui encore) du mal à trouver ma place parce que j’ai toujours essayé de ressembler aux autres sans avoir jamais réussi. J’ai aussi compris récemment que c’était à la rencontre d’autres TROP comme moi que je me sentais bien, parce que je pouvais parler de ce TROP qui s’emballe en permanence dans ma tête et que ça intéressait les autres TROP comme moi. J’ai souvent été entourée de personnes (que j’aime) qui me disaient  » encore une de tes lubies » ,  » c’est ta nouveauté du moment »…. il faut savoir faire abstraction, ne pas en vouloir et avancer pour continuer à être soi-même.

    • Je me retrouve dans ton témoignage 🙂 Je connais très bien ces phrases qui ont toujours été assassines pour moi…ça ne fait que peu de temps que j’ose imposer certains de mes choix malgré les remarques. Un des plus importants d’ailleurs c’est ce blog. Pendant longtemps on m’a dit que c’était du temps perdu, etc. Moi je travaillais comme un diable. Et maintenant que le livre est là, mon entourage comprend mieux qu’en fait si, c’est quelque chose qui a du sens. Mais il aura fallu du temps…

  • Comme je suis heureuse de te lire, ma fille a été diagnostiquée précoce l’an dernier et j’ai alors découvert ce que signifiait d’être un zèbre, après une thérapie pour mieux comprendre sa façon de fonctionner j’ai alors découvert que j’étais moi aussi un zèbre… J’ai dévoré de nombreux livres pour mieux comprendre et apprendre à apprivoiser cette hypersensibilité. Aujourd’hui ma fille et moi allons bien, il faut juste comprendre comment l’on fonctionne et apprendre à vivre avec ces émotions envahissante.
    Merci pour ce beau témoignage..

    • Je n’ai quasi plus de doute sur les rayures de ma fille aînée…mon fils il y a des chances, même si son âge fait que je n’ai pas encore toutes les manifestations. Mais il est déjà hyper émotif. J’espère maintenant pouvoir expliquer à mon entourage, aux grands parents, comment ça fonctionne. Malgré tout l’amour qui tourne dans cette famille, ma fille est souvent jugée pour ses réactions et ses émotions « trop ». C’est très dur à vivre pour elle et pour moi et heureusement que je suis là pour débriefer derrière et lui dire que c’est normal qu’elle ne sache pas encore faire autrement, qu’elle va continuer à apprendre, etc.

  • Merci de te livrer ainsi. Ce témoignage est très touchant et éclairant.
    Je ne connaissais pas ce sens du mot zèbre avant un téléfilm vu récemment sur France 2.
    Un zèbre c’est très joli, dans la nature comme dans la société.

  • Hehe. C’est bien que tu l’assumes. Moi je suis encore dans le déni (2 diagnostics en ce sens depuis la 6eme). Je pense que le burnout récent est d’ailleurs en lien … pcq Oui ça demande une énergie de dingue d’essayer d’être comme les autres, de réfuter qui l’on est et/ou comme on est. C’est bien car tu sembles tournée droit vers l’extérieur. Moi j’ai fait le choix, il y a longtemps, de plutôt me couper du monde, pour etre moi sans déranger personne. Choisir des personnes que je compte sur les doigts de la main qui ne me reprochent rien et qui savent composer avec ce trop. Depuis environ 2 ans, la question est revenu sur le tapis et si je l’admets aujourd’hui, l’étiquette me gêne. Il y a des personnes qui disent qu’on ne peut finalement s’épanouir qu’avec d’autres HP. (Ca me fait toujours marrer de dire HP car c’est un double sens sympa) je ne sais pas. Je m’interroge. Mais c’est vrai qu’en général Le dialogue est plus facile, sans devoir s’interroger dix mille milliards de fois sur ce qu’on a dit et comment… sans marcher sur des œufs sans arrêt. Bref. La sauvageonne te salue et te souhaite la bienvenue. Au delà de l’étiquette, je suis heureuse de te connaître.

    • Coucou Julie 🙂 Effectivement j’ai lu récemment que le burn out était le lot commun des zèbres à force de vouloir s’adapter à un milieu qui ne correspondait pas du tout à leur fonctionnement. J’en ai fait deux, un professionnel et un « maternel/familial », alors je me sens bien concernée par la question…Effectivement je suis tournée droit vers l’extérieur parce que comme je le dis dans le billet, pour moi les rencontres c’est le coeur de ma vie. Je pourrais ne faire que ça, rencontrer des nouvelles personnes, découvrir des personnalités, partager des trucs avec tout le monde. J’ai un besoin de ça très très fort. Ca me faisait passer la nuit dehors au camping quand on était en vacances avec mes parents, ça me faisait sécher les cours au lycée, je ne sais pas pourquoi j’ai ce besoin là précisément mais en tout cas il est très très puissant. Les Autres sont une passion pour moi.

      Je suis d’accord avec toi pour l’étiquette, toute forme d’étiquette me gêne. Toutefois c’est important pour moi d’avoir pu mettre un mot sur ma façon d’être et de savoir que d’autres sont comme moi et rencontrent les mêmes problèmes. Après, je compte bien ne pas la laisser m’enfermer dans un nouveau modèle limitant lui aussi. Ca m’a juste donné la clé la plus importante qu’il me manquait pour comprendre ma vie.

      Est-ce que tu saurais m’expliquer pourquoi tu es encore dans le déni malgré deux diagnostics ? Qu’est-ce qui te bloque pour accepter et t’épanouir avec ça ?

      Bisous <3

  • Tiens tiens… je m’y vois. J’y vois ma fille… qui a été diagnostiquée (T)HP y a 1 an 1/2… du coup tout semble s’expliquer pour moi. Lectures. Comprehension soudaine. Pleurs. Mais ils parlent de moi ?!!? . Mais je suis aussi un peu dans le déni..dans ma carapace de tortue. A me planquer. Mais ça expliquerait taaaaannnnttttt… je procrastine le test. Et puis… a quoi bon me dis je ?

    • Nous en avons parlé hier soir par messagerie mais je pense qu’il serait intéressant que tu te demandes pourquoi tu procrastines sur ce diagnostic. Quelque chose te fait visiblement peur, reste à savoir quoi 🙂

  • Ah «enfin» (il n’est jamais trop tard 😉 Pour moi la re-naissance -car je l’ai vécue ainsi- a eu lieu il y a 4 ans maintenant)! Je me demandais quand tu allais te re-connaître 🙂 Bienvenue dans ta nouvelle «famille»! <3 Tu n'as plus qu'à faire passer le WISC IV à tes probables zebrillons (si j'en juge par leur regard…) maintenant! 🙂
    BizzzzzzzzzZ
    Steph
    PS: ça me fait quelque chose de lire tout ça… Toute émue je suis… et heureuse pour toi! N'hésite pas si tu veux/ a envie/ besoin d'échanger sur le sujet.

      • Tu sais quoi? Si on est là l’été prochain, on vient te voir! 😉 Dans le cas contraire, il faut que tu viennes jusqu’à nous: on a de quoi vous recevoir sans souci tous les 3 et je ne sais pas si tu as encore eu l’occasion de le constater mais quand des Zenfants rencontrent d’autres Zenfants, c’est juste du bonheur en barre!!! Alors ici on a 5 zébrillons à cavaler par là dont 2 dans les âges de Lou et Marin donc j’ai envie de te dire: on vous attend when you want! 😉
        Sincèrement,
        Steph

  • Très joli billet
    Mais je me pose une question : Qu’est ce que cela change concrètement dans la vie de savoir ?
    J’ai demandé à mon fils de 13 ans s’il aimerait passer le test pour savoir. Des années que je me pose la question le concernant, des années que je repousse en me disant que ça ne changerait rien, à part peut-être aux yeux de son père qui comprendrait enfin qu’il ne fait pas exprès de nous énerver, d’être ainsi, de trop réfléchir, d’avoir des tocs, des barrières invisibles, etc …
    Mon fils pense aussi que ça ne changerait rien.

      • Pour ma part j’ai l’impression d’avoir un immense terrain en friche devant moi, à construire entièrement. Alors qu’avant j’avais un espèce de labyrinthe dans lequel je savais que je devais circuler mais où je me prenais les murs toutes les 3 minutes. Maintenant en fait je vais construire mes propres cases, ma propre vie qui permettra l’épanouissement à la fois de mes capacités mais aussi de mes émotions débordantes. C’est bête à dire, car en fait j’aurais pu le faire avant, mais il y avait vraiment cette sensation d’être bloquée par une peur lancinante qui me limitait complètement. Maintenant j’ai vraiment la sensation d’avoir changé de regard sur ce qu’il se passe en moi. Et ça ouvre un très large horizon !

    • Hello 🙂 Pour ma part, ça change que je comprends enfin pourquoi j’ai tellement de mal et pourquoi je dois faire tant d’efforts pour m’adapter à ce qu’on attend de moi pour une vie « normale ». En fait maintenant je sais que ce schéma n’est pas fait pour moi, qu’il ne correspond pas à la manière dont mon cerveau fonctionne, et que tenter sans cesse d’y coller ne fait que m’épuiser, me ralentir, et au final limiter mes capacités car je me sens souvent bloquée par la peur de ne pas réussir à coller au modèle qu’on veut m’imposer. Quand on ne sait pas, on peut se dévaloriser, penser que c’est nous qui avons un problème de volonté, par exemple. Alors que non. Moi j’ai besoin de savoir ça pour ne plus culpabiliser d’être comme je suis, parce que maintenant je sais que ce n’est pas un choix. C’est ma nature qui est comme ça. POur ton fils, tu parles du regard de son père…je ne sais pas comment il le vit mais je ne pense pas que ce soit très doux et agréable pour lui de se dire que son père considère qu’il le fait exprès. Dans les relations et la façon d’accueillir les émotions, les événements etc ça amène forcément une forme de jugement qui devient parfaitement injuste. A plus long terme, ça peut aussi lui éviter de s’engager dans des voies qui seront forcément néfastes pour lui car pas du tout adaptées à son mode de fonctionnement…mais s’il n’en ressent pas le besoin pour le moment effectivement ce n’est pas forcément la peine ! 🙂

      • Ce serait vraiment trop long que je développe …
        En fait, je crois que j’ai besoin d’aide pour y voir plus clair et pour prendre les bonnes décisions pour tout le monde dans la famille parce que peut-être que moi aussi je me mets trop de pression pour que tout le monde soit heureux dans ma maison et que ça finit par me bouffer.
        Puis il y a aussi peut-être la peur d’avoir cru voir quelque chose qui n’existe pas. Ce qui est certain, c’est que mon aîné ne pense absolument pas de la même façon que sa soeur et son frère depuis toujours, même dès sa naissance. Il vit mal plein de choses depuis longtemps mais refuse l’aide d’une personne extérieure. Pour le moment, je suis la seule qu’il écoute à peu près.

        • Je ne sais pas si mon commentaire vous sera utile mais quelque soit le résultat (qu’il soit détecté HPI ou pas), ce dernier n’est jamais négatif dans le sens où quelqu’il soit, il apporte des éléments de réponse au fonctionnement de tout un chacun. A partir du moment où il a y souffrance, décalage, il est toujours bon de comprendre à défaut de pouvoir se caler. Les spécialistes qui sont habilités à faire passer le WAIS (pour les adultes) et le WISC (pour les enfants) sont également là pour vous donner des clés, des pistes peu importe le résultat. Par expérience, je dirais que même lorsqu’un zèbre non détecté va bien, il FAUT qu’il soit détecté. En effet, le zèbre peut être le roi du masque, du faux semblant et certains savent tellement jouer au caméléon pour se fondre dans cet environnement souvent parfois « hostile » et tout cela peut se jouer inconsciemment… sauf que… sauf que… un zèbre sait au fond de lui qu’il est différent, qu’il a quelque chose qui « cloche » et lorsqu’il apprend qu’enfin il rentre dans une case (même si tous les zèbres détestent les cases! Oui je sais ça paraît paradoxal ^^) il est heureux de comprendre qu’il est juste différent (pas fou! ^^) et qu’en plus, il n’est pas seul au monde! Oh bonheur! 🙂 Et qui plus est que ce que les autres voyaient comme des « bizarreries » peuvent être de formidables, précieux et extra-ordinaires outils! 🙂 A partir de là, il peut apprendre à s’aimer à sa juste valeur et développer toute cette richesse (les zébrures blanches) et mieux gérer son côté parfois obscure (les zébrures noires ^^).

          • Désolée de monopoliser ton billet, mais il tombe dans un moment où je me pose énormément de questions à propos de mon aîné. Bon c’est un billet de Paris-Match, mais je viens de lire cela sur l’adolescence des surdoués et c’est ce qu’on vit actuellement avec lui -_-
             » Mais pour les surdoués, et plus spécifiquement pour ceux n’ayant pas été repérés et encadrés, elle risque d’être vraiment problématique avec des conséquences désastreuses. Le premier sujet d’anxiété concerne les modifications de leur corps qu’ils doivent subir passivement car ils n’ont là-dessus aucun contrôle. Et c’est bien cela qui les inquiète, les perturbe. Autre motif de déstabilisation : si, comme la plupart des adolescents, ils rentrent plus ou moins en conflit avec leurs parents, ils n’ont pas le moyen de recourir à l’amitié d’un groupe de camarades puisqu’ils sont souvent isolés. Ils sont donc tristes, seuls, souffrent en silence de ce que j’appellerais : “un désenchantement”. Ils se disent : “la vie… à quoi ça sert ?” Tous les problèmes de l’adolescence sont amplifiés du fait de l’effet “loupe” de la précocité. Ils deviennent excessifs, angoissés. « 

          • Tu ne monopolises rien du tout, au contraire, c’est très bien qu’on puisse échanger et de plus cela a l’air important pour toi et source d’une certaine angoisse. Tu as un endroit pour exprimer ça, profites-en 🙂 J’ai connu cet isolement jusqu’à mon arrivée en terminale. Au collège j’étais celle qu’on harcelait, je n’avais que deux bonnes copines, dont une avec qui j’ai gardé contact encore aujourd’hui. Une fois en terminale, j’ai rencontré un groupe d’amis dont, à la réflexion, beaucoup de membres devaient être zèbres. On se comprenait très bien.
            En tout cas tu vois, quelque part cette citation répond à ta question de « pourquoi chercher un diagnostic ? » Ca permet aussi de savoir exactement ce qu’il se passe dedans alors que tu n’es pas dedans, et donc, d’apporter une vraie aide empathique.

  • Waouh!!!! Un grand merci pour ce texte magnifique qui sort des tripes avec tellement de justesse dans le choix des mots ! Je me suis reconnu dans beaucoup de choses et ça fait du bien. Quelle belle surprise ! Je me suis abonnée il y a quelques jours en tombant sur votre fabuleux bullet journal pour m’en inspirer afin de démarrer la rentrée de manière mieux organisé (d’ailleurs merci pour ce que vous partagez jadoreeee regarder les pages de votre bullet) MAIS je n’aurai jamais pensé tomber sur ce bel article! Moi qui me rends compte de plus en plus que mon hyperémotivité est une richesse mais que je dois apprendre à l’exprimer avec justesse et respect mais souvent mes mots me manquent tellement (plus a l’aise a l’écrit qu’à moral sur ce point la )… que je me tais souvent la plupart du temps et je laisse place à la rumination intérieur ….et ce malgré une joie de vivre contagieuse (d’après ce qu’on me renvoie) mais j’ai toujours l’impression de ne pas aller au bout…au bout des choses sans arriver à comprendre et trouver pourquoi j’agis de la sorte. (je ne sais pas si je me fais comprendre). Je ne sais pas et je ne pense pas être une personne zèbre mais cet article m’a mis une claque! Waouh je n’ai jamais laisser de commentaires mais là Julie c’est une rencontre que je viens de faire même si elle n’est pas physique 😊. Quelle sincérité je ne trouve pas les mots pour exprimer mon ressenti. Peut-être que je vais me mettre à me renseigner sur la communication non violente qui semble vous avoir bien aidé. Et puis j’ai l’impression que rentrer dans « la case commune », exigé par la société ou que l’on s’inflige pour que cela soit plus simple (alors qu’ intérieurement cela ne l’est pas) cela me rend médiocre (enfin c’est comme ça que je me juge parfois).
    Bon je m’arrête là. MERCI INFINIMENT Julie cet article déjà en soi l’acceptation, la reconnaissance et l’expression de ce que vous êtes continuez à vous kiffez ainsi ! Moi j’adore !

  • Bonjour Julie, très bel article encore une fois. Mais cette fois-ci, je vous lis avec un certain trouble. En effet, je suis à ce moment de ma vie où je me demande si un diagnostic apporterait un plus à mon fils, ou si au contraire, je pourrais repousser l’échéance quelque temps. Jouer à l’autruche ne me convient pas, évidemment, mais je suis assaillie de mille questions qui finalement ne se résument qu’à une seule : et si je faisais le mauvais choix ?
    Votre article m’apporte un éclairage précieux, alors merci.

  • Bon sang, je ne sais pas par quel bout le prendre tellement ça m’interpelle…. Pour moi le zèbre, à part celui d’Alexandre Jardin, c’était juste au zoo… sans vouloir me montrer blessante…
    Les questions de diagnostique et l’importance de savoir, je sais ce que c’est puisque je suis maman d’un grand garçon autiste de 19 ans. Alors oui, il vaut mieux savoir pour comprendre.
    Mais je ne m’étais pas posé cette question avant de lire ce billet : « Et moi, est-ce que j’aurais aussi un truc différent ? ». Mais tout ces mots ont trouvé tellement d’écho en moi que cela me trouble… Et pourtant je suis dans le moule, on ne peut pas être plus dans le moule… Mais à l’intérieur ça bouillonne tellement… Il y a tellement de chose que  » j’écris mentalement » le soir pour évacuer la tension, comme un journal intime mental…. Parceque je veux garder ça pour moi par peur du jugement de ceux qui me sont pourtant si proches….
    Je suis venu vers ton blog via le bujo que j’ai découvert cet été, et ta façon d’écrire m’a parlé, alors je suis venu voir… Je ne crois pas au hasard mais je crois aux rencontres…

  • J’ai été diagnostiquée HP à 15 ans, j’en ai 32 aujourd’hui.
    J’ai beau savoir en quoi je suis théoriquement « différente », je me fais de petites piqures de rappel (pas plus tard que ces derniers matins) en relisant des livres consacrés au sujet.
    Je doute toujours autant, j’ai peur : de la nouveauté, du changement, de l’échec, de retravailler avec « les autres » (je me suis inscrite au CRPE en candidate libre, moi qui bosse depuis 10 ans en tant que journaliste, planquée seule derrière mon bureau à la maison. Je n’ai évidemment pas commencé mes révisions…), j’ai une peur atroce de la « catastrophe finale », de l’évolution de la société et du monde. J’hésite sur quoi faire de ma vie, mes priorités ne sont jamais fixes plus de quelques mois, je procrastine, je n’ai aucune ténacité. Je me sens souvent plus « guépard » que « zèbre » d’ailleurs.

    C’est dur, dur, au quotidien. Mais c’est bien de savoir, de mettre le doigt dessus, d’avoir enfin une explication (un début d’explication). Je n’ose pas imaginer la souffrance des adultes zébrés qui ne le savent pas, déjà en ayant été informée, suivie, soutenue, c’est parfois à s’arracher les cheveux, alors sans ça…

    N’hésitez pas à le faire si vous avez un doute, même si vous avez une peur bleue de « l’examen », du résultat, des conséquences… cela ouvre déjà un vaste champ des possibles.

    Notre fils a été bilanté à 5 ans, pas de surprises, mais ça me permet de l’éduquer « différemment », tout en essayant de respecter sa personnalité si spéciale. j’ai l’impression de le conforter dans ses différences, mais au fond je pense que c’est pour son bien.

    Bon courage à tous et à toutes 🙂

  • Bonjour,je viens de lire votre billet sur les conseils dune copinaute par rapport a min désarroi face au caractère/comportement de ma fille de 7ans qui est hypersensible et est légèrement en avance par rapport a ses copains de classe….
    Ma question est comment faire pour un diagnostic par rapport au Haut potentiel…. Elle ne gère pas ses émotions et est toujours trop mais surtout trop dans le je boude dans mon coin,je snobe les copines….. Trop dans les émotions négatives……
    Merci de votre réponse
    Cela dut je me retrouve un peu aussi dans votre témoignage, je n’aurait jamais imagine…..car oui ça bouillonne a l’intérieur de ma tête aussi…et la moindre émotion est multiplie par mil……

    • Bonjour 🙂 Pour un diagnostic, ça se passe chez un-e psychologue habilité à faire passer les tests de QI. Votre médecin traitant pourra vous renseigner 🙂

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