Celle qui n’aimait pas jouer

Aaaaaah, Noël.

Son sapin, ses repas trop riches, ses tablées interminables, ses décorations merveilleuses, ses retrouvailles familiales…et ses jouets -_-

Ses jouets par milliers, qu’ils disent dans la chanson, dont Marin nous a rabattu les oreilles depuis mi-novembre (je donnerais cher pour que vous puissiez l’entendre, on ne peut pas faire autrement que d’avoir envie de le bouffer ^^). Et avec eux, le retour en masse de LA question qui terrorise nombre de parents toute l’année :

« Tu viens on joue ? »

Au papa et à la maman, à la dînette, aux petits chiens, à maman et bébé, aux Pet-Shops, aux pirates…Je suis toujours abasourdie devant la capacité des enfants à inventer des jeux sans queue ni tête, avec des règles archi-complexes et modulables d’une seconde à l’autre, et où il n’y a vraiment aucun problème à traverser tout l’appartement à quatre pattes en haletant et aboyant, son petit frère sur le dos.

Oh My God.

J’aime mes enfants du plus profondément de mon coeur. Mais alors quand ils me demandent de jouer à toutes ces choses, je voudrais être une mouche, un asticot ou tout autre bestiole minuscule capable de disparaître sans se faire remarquer. Non, je n’ai pas envie de traverser mon appartement en miaulant. Non, je n’ai pas envie de jouer au papa et à la maman, non je n’ai pas envie d’inventer la vie fantastique des Pet-Shops, et non je n’ai pas envie de préparer pendant des heures (en temps parental, en vrai en temps enfantin ça peut durer deux minutes trente…) des poireaux en bois accompagnés de carottes en feutrine. Je n’aime pas ça.

Mais je culpabilise.

Parce que je me dis que quand même, c’est pas grand chose tout ça, ils sont petits, ils ont envie de partager ça avec moi. Alors je me force parfois à dire oui, on s’installe devant la dînette ou devant un poupon et là…black out. Je me retrouve plantée là comme une cruche à me demander ce que je dois faire, pourquoi j’ai dit oui, et à tenter toutes les feintes possibles pour écourter ce truc si ennuyeux. Parce que c’est ça, en vérité : quand on fait ce genre de jeux, je m’ennuie. A mourir. Maintenant qu’ils sont plus grands, quand ils me proposent un jeu où je sais que je vais m’ennuyer, parfois je dis oui (parce que je pense important de leur apprendre aussi que parfois, on peut faire un effort quand on voit que quelque chose ferait vraiment plaisir à quelqu’un et que ça ne nous demande pas grand chose d’autre qu’un peu de patience et de bienveillance), et parfois je leur dit que je n’aime pas trop quand on joue à ça et qu’il vaut mieux qu’ils jouent tous les deux ou qu’on fasse autre chose si leur besoin est de passer du temps avec moi. D’un point de vue éducatif, je ne sais pas si c’est bien. Mais en tout cas j’ai l’impression que ça leur apprend que d’un autre côté, on peut essayer de trouver une autre idée pour passer du temps ensemble et que tout le monde soit satisfait de la manière dont ce temps est employé. De fait Lou troque volontiers une dînette contre un Memory, Marin une course de voitures contre un château en Légos.

Mais heureusement, j’aime plein d’autres choses.

J’aime chanter avec eux à tue-tête leurs musiques préférées, il fut un temps nous étions, comme toute famille moderne qui se respecte, abonnés à l’incontournable Libérée, Délivrée et désormais c’est plutôt les Kids United, « la chanson du manège » comme l’appelle Marin. J’aime faire des bonhommes en pâte à modeler, j’aime jouer aux cartes Pokemon, au sept familles, aux puzzles et aux légos. J’aime quand ma fille de 4 ans et demi me demande de lui écrire les modèles des lettres « en attaché » et que je reste à côté d’elle pour la guider dans son apprentissage. J’aime quand mon fils de deux ans et demi me demande quatre fois par jour la même histoire et qu’on la lit tous serrés sur le canapé ou sur son lit (abonnés à Croque Bisous, levez la main ! ). J’aime les voir en âge d’apprécier leurs premiers jeux de société car ça, c’est bien des choses que j’adore.

Je suis celle qui n’aimait pas jouer.

Mais je suis celle qui chahute, qui fait des câlins par milliers (ça a beaucoup plus de valeur que les jouets si vous voulez mon avis !), qui dit je t’aime à ses enfants dix fois par jour, qui leur apprend des grimaces ou des comptines, qui prépare les goûters rien que pour eux, qui leur fabrique des petites choses quand ils ne sont pas là en pensant très fort à eux, qui aime les emmener au manège ou à la bibliothèque.

Alors quand je culpabilise après avoir dit non pour un jeu et avoir expliqué que je n’aimais pas jouer à ça, je me fais cette petite liste de toutes les choses que j’aime faire à côté avec eux.

Et je me dis qu’au final, ne pas aimer jouer, ce n’est peut-être pas si grave.

"Maman on joue aux Playmobils ? " - "Heu, je peux pas j'ai piscine !!"
« Maman on joue aux Playmobils ?  » – « Heu, je peux pas j’ai piscine !! »
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16 commentaires

  • Ahhhhh moi non plus j’aime pas certains jeux et je me sens idiote parfois avec une poupée dans les mains une histoire incompréhensible (des règles complexes à base de  » Oui mais non en fait  » et de « (…) {Elle réfléchir} non en fait c’est pas ça , mais alors … » Bref j’aime pas… et je culpabilise encore plus parce qu elle est fille unique, parce qu’avec ma reprise à 100% au boulot en juillet, les devoirs depuis septembre b’en je fais beaucoup beaucoup moins de choses avec elle… ????????????????

    • Grrrr … me suis même pas bien enregistrée et jai pas fini mon message mais euh…
      donc je disais … ???????????? je vais tâcher de plus jouer même si c’est difficile , et de retrouver des activités avec elle pour continuer à partager ensemble et l’aider à grandir ! Bon ça compte quand je chante à tue tête avec Elle (même faux hein ?) lis des histoires colorie … ?!?
      En tout cas , ravie de lire cet article , je culpabilise un peu moins ????
      Bisous
      Magalie
      (Hey ! J’attends ton adresse !! Il semble que j’ai un truc à t’envoyer ????????????)

  • Hello
    Ahhhhh le « maman on joue aux playmobils? »….
    Je ne suis moi non plus pas une très grande fan de tous les jeux que les 2 mecs s’inventent d’autant que c’est souvent des jeux de police, militaire, super-héros, chevalier…(voir tout en même temps), je veux dire je ne suis pas hyper emballée quand ils le demandent à corps et à cris d’entrer dans leur monde. Comme toi je fais quand même des efforts parfois, des détournements d’attention sur des jeux de société (nous sommes très jeux de société leur père et moi).
    je ne suis pas non plus hyper loisirs créatifs avec eux car ils n’accrochent guère à ces activités.
    Je culpabilisais moi aussi mais bon je me dis qu’on fait ce qu’on peut et on essaie de compenser par autre chose ????
    Bonne journée !

  • Bonjour, n’ayant pas d’enfant je ne peux pas trop m’impliquer dans ton récit. Mais je tiens à te dire que j’adore la façon dont tu amène la chose. Et puis, finalement, pourquoi se serait grave ? Je penses que tous les moments comptent et jouer sans toi leur permet aussi d’inventer mille et une histoire, donc à eux la créativité développé !! Pensée positive for ever 😉 Bises, Célia.

  • MDR ton article me ramène quelques années en arrière, je comprends ton moment de solitude face aux poireaux en bois 🙂 j’étais la première à sauter à la corde, sur la balançoire, j’aimais aussi tous les travaux manuels, la pâte à sel et à modeler, la peinture, les collages en tous genre et les jeux de société, même les plus « débiles », les parties de cache cache, de skate, je n’ai jamais hésité à les faire participer à la cuisine…
    finalement je n’ai jamais culpabiliser de ne rien comprendre aux pokemons, power ranger, ou refuser de faire la caissière du franprix, l’assistante dentaire, quant à jouer à papa maman oh my god no !
    … que l’enfance est douce, inventive, joyeuse….ma tribu s’est dispersée aux 4 coins du globe, et à la maison il ne reste plus que ma petite dernière qui va fêter ses 17 ans…. je suis souvent nostalgique de ces moments qui passent si vite, si vite… mais le truc hyper bien, c’est que tous se souviennent de ces moments, et dernièrement ma fille aînée (26 ans…glups) m’a dit qu’elle serait une maman comme moi… waou c’est beau ça hein !
    ton article m’a bien fait rire, merci pour ça
    ps : je passais chez toi pour des idées du bullet journal, tu as fini de me convaincre
    belle soirée à toi

  • Moi non plus, je n’aime pas jouer mais j’aime peindre, dessiner, lire et bricoler. Jouer au foot, faire de l’acroyoga ou sauter sur le trampoline.
    Et leur papa adore jouer aux légos, aux playmos, aux kaplas, aux jeux de société et même parfois, aux jeux vidéos 😉

  • Tu sais que cet article me soulage ? Quand je vois toutes ces mères parfaites qui adoooorent jouer des heures aux cubes, aux pet shops, je me sens souvent mal parce que j’ai rarement joué avec mes enfants. Bon, pas jamais, mais à chaque fois, ça tenait plus de la corvée que du plaisir. Je m’emmerdais, pas d’autre mot. Donc merci du fond du coeur d’avoir écrit ça, je me sens moins seule 🙂

  • Eh bien je suis tout à fait comme toi… C’est quelquefois horrible à dire mais des fois j’appréhende le mercredi après-midi ou le WE où effectivement je vais être sollicitée pour ça! Heureusement, mon mari aime jouer donc ça compense, mais bon… J’arrive à me trouver les excuses cuisine, ménage, etc. pour y réchapper! lol Il faut dire que mon grand a énormément d’imagination, il pourrait être metteur en scène, à part que si on a le malheur de se tromper dans son texte quand on joue à « on dit que tu es à tel endroit et que tu fais ceci ou cela… » et bien c’est le drame! Heureusement, mes petits gars sont quand même capables de jouer seuls (grands fans de Lego comme leur père, ils ont une pièce presque que pour eux!.)

    • Jusqu’à il y a peu de temps j’appréhendais un peu moi aussi les longs créneaux de présence des enfants, vacances et week-ends. Et puis en fait, ça va beaucoup mieux, car je me suis demandée ce que moi j’aimais faire avec eux, plutôt que de redouter d’avoir à faire des choses que je n’aimais pas. Résultat on bricole beaucoup plus, la semaine dernière on a étalé sur toute la journée du dimanche, par petits ateliers, des papillons en rouleaux de papier toilette et papier coloré, avec des antennes en tricotin…le matin peinture, le midi dessiner les ailes et les découper, après la sieste les coller et les décorer, dessiner les visages des papillons, le soir avant de manger, poser les antennes…c’était super ! Lou m’a dit que c’était super qu’on ait fait « plein de choses » aujourd’hui, tout le monde était hyper satisfait du temps passé et ils ne m’ont pas sollicitée pour les phases que je n’aime pas, ils jouaient tous les deux 🙂

  • Ma fille joue beaucoup toute seule pour le moment donc la question ne se pose pas trop. Grâce à ma lecture assidue de « Apprendre à dessiner à la japonaise », de Kamo j’ai osé recommencer à dessiner. Et nous jouons à « Dessiner c’est gagné ! » je dessine (Papa, Maman, gant de toilette, verre, Zorro, le chat, la vache, le cochon, la crèche, la poussette, le vélo, la poule, le canard,… nous en sommes à 34 dessins, je crois !!!!) et ma fille dit le mot ou le signe ! Nous nous amusons beaucoup et ça épate tout le monde !!!! J’ai beaucoup aimé aussi « Inventer des histoires pour les enfants » (Editions Jouvence), là aussi, je trouve que c’est un plaisir très différent de la lecture d’un livre. Certains jours, j’invente peut-être dix histoires pour ma fille, en fonction de nos besoins… A bientôt

    • La création avec ses enfants je trouve ça fantastique, ça fait partager énormément de choses. Je ne connais pas le livre Jouvence, je vais regarder !

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